CMIREB 2005
session violon
Article et photos de Noël Godts, mai 2005
Voir notre page CONCERTS DES LAUREATS : >>>
Lauréats :
· 1er Prix : Sergey KHACHATRYAN
· 2e Prix : Yossif IVANOV
· 3e Prix : Sophia JAFFÉ
· 4e Prix : Saeka MATSUYAMA
· 5e Prix : Mikhail OVRUTSKY
· 6e Prix : Hyuk Joo KWUN
Finalistes :
· Alena BAEVA
· Andreas JANKE
· Keisuke OKAZAKI
· Antal SZALAI
· Kyoko YONEMOTO
· Dan ZHU
Le Concours Musical International Reine Elisabeth 2005, session violon, s'est achevé le samedi 28 mai par la prestation du benjamin belge (dont les parents musiciens sont d'origine bulgare), Yossif Ivanov (18 ans), dont beaucoup espéraient une place dans le rang des lauréats. C'est une chose acquise, puisque le palmarès est tombé vers 1h30 du matin ce 29 mai et confirme dans les grandes lignes ce que professionnels et amateurs éclairés ont émis comme opinions depuis le début de cette incroyable semaine de finales.
Exploit, marathon musical, performance virtuose, sourires, larmes, espoirs ou déceptions, toutes les composantes du concours ont une fois encore été rassemblées pour aboutir au verdict définitif qui a consacré l'Arménien Sergey Khachatryan (20 ans) dans son art indéniable de musicien précoce, mais déjà confirmé bien avant sa présence au concours. En finale, la poésie noire et sauvage de son Shostakovich sublime la profonde intériorité de chacune de ses précédentes épreuves. Il s'est approprié les univers de Bach, Mozart, Ysaÿe, Dvorak, Brahms ou Paganini avec humilité, grandeur et subtilité. Rappelons qu'il fut lauréat du Concours Sibelius à l'âge de 16 ans et a déjà enregistré deux disques, l'un chez EMI et l'autre chez Naïve. (voir nos images)
Le Belge Yossif Ivanov remporte le second prix ainsi que le prix du public, qui le remercie d'avoir conforté ses espoirs sur son travail, sa maturité, sa prestation et sa grande force tranquille. Suit en troisième place l'Allemande Sophia Jaffé que l'on aurait volontiers vu classée plus loin dans les six premiers au profit de l'Américain d'origine russe Mikhail Ovrutsky classé, lui, cinquième et qui apparaissait pour la seconde fois au CMIREB. Signalons au passage que Sergey Khachatryan et Mikhail Ovrutsky se connaissent de longue date pour avoir passé ensemble le Concours Sarasate en 1999 dont le premier prix fut remporté par Ovrutsky et le second par Khachatryan...
S'affirme en quatrième place la radieuse Japonaise Saeka Matsuyama, elle aussi incontestable mais peut être aussi trop hautement classée. Et en sixième place le Coréen Hyuk Joo Kwun, qui provoque malgré lui la consternation de cruels manques : la présence oubliée du Hongrois Antal Szalai et celle négligée de l'Allemand Andreas Janke, tous deux relégués au rang des finalistes. Difficile pourtant de passer sous silence la musicalité et l'intériorité d'Antal Szalai en finale, dont la maturité et le raffinement stylistique ont marqué les esprits. Andreas Janke méritait certainement lui aussi une place de lauréat pour les superbes sonorités et la brillante technique musicale qu'il n'a cessé de peaufiner tout au long de ses programmes.
Une fois encore le palmarès ouvre le débat sur le système d'appréciations et de cotations des candidats admis en finales dont certains en appellent à l'évidence, alors que d'autres, en balance, ne passent pas le cap pour une simple question d'arithmétique tardive. Qu'aurait donné le palmarès si le jeune Coréen Hyuk Joo Kwun avait joué à la place d'Antal Szalai le lundi ? Et si Ovrutsky avait joué le même jour que Khachatryan ? Les derniers entendus ne sont-ils pas les premiers favorisés ? (voir nos images des lauréats)
Cela nous amène bien évidemment à nommer les membres du prestigieux jury (voir nos images) auquel on souhaiterait une présence féminine plus accrue car ces dames n'étaient que trois face à treize hommes ! Au total : Arie Van Lysebeth (président du jury), Pierre Amoyal, Augustin Dumay, Tuomas Haapanen, Koichiro Harada, Lewis Kaplan, Kim Nam-Yun, Mikhail Kopelman, Boris Kuschnir, Jaime Laredo, Mihaela Martin, Petru Munteanu, Georges Octors, Igor Ozim, Yayoi Toda et Viktor Tretjakov.
Soulignons le fabuleux travail de l'Orchestre National de Belgique placé sous la direction de Gilbert Varga dont la minutie, le soutien et l'attention musicale auront été tout au long de ces six soirées les précieux alliés des 12 candidats finalistes, et ce particulièrement dans l'accompagnement de l'œuvre imposée Obscuro Etiamtum Lumine du compositeur mexicain Javier Torres Maldonado (sur la photo).
Profitons-en pour applaudir les pianistes accompagnateurs, rudement mis à l'épreuve eux aussi : Tobias Koch, Dana Protopopescu, Liga Skride (maman du premier prix 2001, la violoniste Baiba Skride) et Eliane Reyes, jeune pianiste belge que nous avions rencontrée il y a quelques mois. (voir notre entretien avec Eliane Reyes - et photo ci contre)
Les concertos choisis en finale ont été révélateurs d'une tendance étrangement pleine d'espoir : alors que Tchaikovsky et Sibelius se partageaient habituellement les faveurs des finalistes, qui les préfèrent bien souvent à Brahms, Bartok, Prokofiev ou Beethoven, cette fois Shostakovich et son Premier concerto pour violon fut la star de ces finales ! On compte donc six Shostakovich, deux Tchaikovsky, deux Sibelius, un Paganini et un Brahms.
Enfin, le prestige et les enjeux du CMIREB nous auront permis de voir et d'entendre quatre Antonio Stradivarius, trois Giovanni Battista Guadagnini, deuxJean-Baptiste Vuillaume, un Nicola Gagliano, un William Voller et un Chiaffredo Cappa. La réunion d'autant de violons dans une seule et même ville restera toujours un événement exceptionnel propre au Concours Musical International Reine Elisabeth, sous le haut patronage de Sa Majesté la Reine Fabiola.
Découvrez, en images :
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