|
BACH Les sonates & partitas pour violon BWV 1001-1006 Julia Fischer |
J.S. Bach (1685-1750) : Les Sonates et Partitas BWV 1001-1006 Julia Fischer. (Pentatone Classics - 5186 072)
La jeune et talentueuse violoniste allemande s’attaque ici au sacro-saint répertoire de son instrument que bien des musiciens ont enregistré avant elle à un âge plus tardif que le sien. Humilité et respect ne voilent pas une ambition bien campée que Julia Fischer assume avec panache, intelligence et finesse. Nous l’avions déjà entendue dans le grand répertoire russe et attendions bien évidemment avec impatience la suite de son parcours discographique. La voici donc chez Bach avec une verve incroyablement dirigée, nourrie par des sonorités riches et profondément instruites qu'elle harmonise, cisèle et peaufine avec subtilité et maturité. Construisant patiemment les résonances intrinsèques aux Sonates et Partitas, Julia Fischer s’approprie l’essence et l’esthétique du corpus de Bach et en synthétise les multiples liens mélodiques dans un même élan d'unité, de candeur et d'ingéniosité. Parler de Bach au violon, c'est évoquer bien sûr l'équilibre sonore que la violoniste allemande maintient avec aisance et vélocité. Sa vision de Bach affirme une force dense et tranquille, presque opiniâtre, grâce à laquelle elle restitue les motifs et couleurs d'une architecture complexe mais superbement investie. Elle parvient à intégrer Bach à son tempérament volontaire et fougueux sans paraître en souffrir. Jouant sur un Guadagnini de 1750, Julia Fischer s'approprie l'esprit baroque et le restitue sous une esthétique épurée et incisive, ronde et limpide qui bouillonne d'énergies et d'inspirations multiples. Chaconne (bwv 1004), Fuga (bwv 1005) et Allemande (bwv 1002) sont les quelques étincelles dansantes de ce cycle qui brille de mille feux. Nul doute que Julia Fischer adore Bach pour le souffle, la vitalité et la joie qu'il lui suscite. Elle dit d'ailleurs à la fin de sa préface que : "l’enregistrement que vous avez entre les mains fait partie d’un voyage musical qui n’est en rien terminé. Mon interprétation de cette musique est vouée à changer plus tard. Néanmoins j’aimerais pouvoir conserver l’expérience et la compréhension que j’ai jusqu’à présent de ces merveilleuses compositions".
(Noël Godts, Bruxelles, le 29 avril 2005)
Retour page Coups de Coeur
Voir également notre page Violon
Retour à l'édito