Marie-Nicole Lemieux et George Frideric Haendel

George Frideric Haendel (1685-1759) : Cantates italiennes et autres oeuvres. (Mi palpita il cor HWV 132c, Suite en mi majeur pour clavecin HWV 430, Irene, idolo mio HWV 120b, Sonate en ré majeur pour flûte et continuo HWV 378, Lungi da me HWV 125b, Air in the Water Music HWV 464, Fra pensieri quel pensiero HWV 115). Marie-Nicole Lemieux (contralto), Luc Beauséjour (clavecin), Marie-Céline Labbé (flûte baroque), Amanda Keesmaat (violoncelle baroque). (Analekta FL 2 3161)
L'interprète favorite de Handel fut, entre 1700 et 1734, la soprano Margherita Durastanti, inspiratrice, musicienne accomplie et actrice inspirée pour laquelle il composa nombre de ses cantates italiennes pendant son séjour à Rome la première décennie du XVIIIème siècle. L'Allemand qui fut le plus prestigieux représentant de l'opéra italien de son époque écrivit en effet une soixantaine de cantates pour voix solo et continuo, dont la majeure partie était destinée à une soprano. Elles ne furent arrangées pour alto qu'à Londres dans les années 1710. La Québécoise Marie-Nicole Lemieux s'y glisse aujourd'hui avec souplesse, naturel et intensité. Nous la connaissons particulièrement bien en Belgique puisqu'elle fut la première lauréate du Concours International Reine Elisabeth 2000 (voir notre dossier s'y référant). Lumineuse et sereine, elle rayonnait du bonheur de chanter, musicienne investie, vibrante et émouvante. Et voici qu'elle nous surprend encore : sa voix pleine de promesses s'est épanouie, pleine et ample dans les graves, légère et souple dans les aigus ; les subtilités chromatiques des cantates italiennes, leurs mélismes et pirouettes vocales révèlent ses assises solides et son extrême flexibilité. Et pourtant, ces prouesses techniques, loin de s'afficher avec emphase, se fondent discrètement à la musicalité de son interprétation. Le texte, d'une articulation limpide, s'écoute dans la moindre inflexion de la voix : Marie-Nicole Lemieux incarne un personnage, une émotion, flamme et douleur, avec sincérité, puissance et coeur. L'initiative du label canadien Analekta dans la série Les Grands Interprètes Canadiens est un réel bonheur. Remarquons autour de la contralto, le claveciniste confirmé Luc Beauséjour, la flûtiste tout en nuances Marie-Céline Labbé et la vibrante violoncelliste baroque Amanda Keesmat, musiciens de talent dont les prestations s'apprécient particulièrement dans les suites et sonates choisies qui alternent avec les cantates.
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