Bacq-Mozart : un bol d'air frais !

 

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonates pour pianoforte, KV 310, KV 330, KV 311 & Fantaisie KV 397. Jean-Pierre Bacq. (pianoforte).

La personnalité de Jean-Pierre Bacq dans le monde souvent sentencieux de ladite grande musique (et il s'agit plus ici de ses exégètes de tout poil que des musiciens eux-mêmes) est une joyeuse et vivifiante bouffée d'air frais ! L'homme s'engage avec un dynamisme jovial : label Arsis Classics, art du pianoforte, rédacteur de notice atypique ! Ne dit-il pas à voix haute, sans cérémonie ni acrimonie, ce que beaucoup peuvent penser tout bas ? Pourquoi donner sa confiance à un savant musicologue pour apprécier un compositeur ? Ne devrait-on pouvoir aimer Mozart (ou tout autre grand artiste) sans s'encombrer d'a priori ? Où commence la prétention de l'authenticité ? Pour sa part, Jean-Pierre Bacq joue sur un pianoforte copié sur un instrument d'époque, dans le souci de se rapprocher des potentialités d'un siècle que la musique de Mozart ne cesse de ressusciter. Sa démarche interprétative pétille de santé : il choisit l'émotion et la lucidité ; plutôt que de l'encombrer, l'érudition et la technique lui autorisent intelligence et légèreté, intensité, rigueur et fantaisie. Tout en nuances, son toucher vif et coloré, sonde les contrastes des sentiments mozartiens, de la sombre et fugitive gravité au frémissement doux et pudique qui s'ouvre en de lumineuses vibrations. En trois sonates et une fantaisie sur son frémissant pianoforte, il ouvre de grandes fenêtres qui invitent à la simplicité et à l'écoute, au partage sans pédanterie d'une joie musicale riche et colorée, dont les ombres troublantes soulignent plus vivement la lumière.

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 6 avril 2005)

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