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Le hautbois de Marcel Ponseele
Splendeur des lumières baroques
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Parcours biographique : Marcel Ponseele commence à pratiquer le hautbois baroque après ses études de hautbois moderne et de musique de chambre aux Conservatoires de Bruges, Bruxelles et Gand. En 1981, il est lauréat du concours international "Musica Antiqua" du festival de Flandres à Bruges. Depuis lors, il est demandé par de très nombreux ensembles et collabore régulièrement avec l'Orchestre des Champs-Élysées, La Chapelle Royale, l'Amsterdam Baroque Orchestra et La Petite Bande. Il a fondé l'Harmonie des Champs-Élysées. Il est actuellement un des meilleurs hautboïstes jouant sur instruments anciens et jouit d’une réputation internationale. Il a enregistré de nombreux CD en tant que soliste, notamment des Cantates de Bach, le concerto de Mozart et les concertos de Vivaldi, ainsi que des disques de musique de chambre. Il est également facteur de hautbois, en collaboration avec l’un de ses frères. Marcel Ponseele enseigne le hautbois baroque au CNSMDP (Paris).
Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Concerti for wind instruments, TWV 52 e : 1 & 3 ; TWV 52 a : 1; TWV 51 F : 1 & TWV 44: 43. Ensemble Il Gardellino : Peter Van Heyghen (recorder), Jan De Winne (traverso), Marcel Ponseele (baroque oboe), Ryo Terakado (baroque violin) & Martin Bauer (viola da gamba). (Klara - MMP 045)
L'ensemble Il Gardellino revient dans le feu de l'actualité après un disque consacré à quelques pages baroques pour hautbois, tenu par l'un des fondateurs de l'ensemble Marcel Ponseele (voir ci-dessous). Cette fois, c'est dans l'oeuvre concertante de Telemann pour instrument à vent qu'ont pioché les musiciens. On parle souvent de Bach comme emblème du baroque germanique mais il ne faudrait pas en oublier Telemann qui composa en ce domaine un nombre d'oeuvres impressionnant . L'Histoire fait que Telemann et Bach ont tous deux été des personnalités déterminantes dans l'apogée musicale de Leipzig... que Telemann finira pourtant par quitter alors qu'il régnait sur presque toute la destinée musicale de la ville. Son départ pour Francfort et Hambourg profita donc pleinement à Bach qui endossa la fonction de Cantor en 1723 suite au refus de son confrère ! La musique de Telemann couvre tous les genres pratiqués alors, y compris les nouvelles orientations concertantes issues des « concerto grosso » esquissés par Corelli ou Haendel. Les concertos pour instruments à vent proposés par les membres d'Il Gardellino montrent l'étendue de son art dont on perçoit sans équivoque les influences les plus diverses est surtout celle de l'Italie. La richesse harmonique de Telemann montre d'ailleurs autant de similitudes que de dissemblances avec l'écriture contrapunctique de Bach qui s'intéressait sans doute plus à la synthèse de l'architecture baroque sur un même plan horizontal et vertical. De surcroît, Haendel, Bach et Telemann ont tous trois été influencés par l'Italie flamboyante de Vivaldi. Lumière étincelante et couleurs chaudes jaillissent de ces quelques pages effervescentes. La structure formelle proche de celle de Bach y estompe les pyrotechnies coutumières à Vivaldi. C'est précisément ce savant mélange que Marcel Ponseele et les membres de l'ensemble Il Gardellino mettent en relief dans un magnifique élan de simplicité et une rigoureuse dynamique. L'équilibre des registres entre les instruments montre une cohésion exemplaire dans ce type de répertoire qui favorise généralement plus les envolées individuelles qu'il ne les canalise. L'ensemble Il Gardellino signe ici un album Telemann que l'on ne saurait que trop recommander. A quand la suite ?
(Noël Godts, Bruxelles, le 5 mai 2004)
Concertos baroques pour hautbois : Alessandro Marcello (1684-1750) : Concerto pour hautbois, cordes et continuo en ré mineur. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sinfonia BWV 12, 21 & 156. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Concertos pour hautbois, cordes et continuo en fa mineur TWV51:f2 & mi mineur TWV51:e1. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Concerto pour hautbois, cordes et continuo en sol mineur HWV287. Astor Piazzolla (1921-1992) : Oblivion. Il Gardellino, dir. Marcel Ponseele. (Accent ACC22156)
Marcel Ponseele, le hautboïste le plus prisé de la diaspora baroque, signe un programme des plus éclectiques grâce auquel nous pouvons l'écouter, une fois n'est pas coutume, en solo. Estimé à très juste titre au sein de la plupart des ensembles baroques (Herreweghe, Koopman, Bruggen, Kuijken, etc.), il est hélas bien rare de l'entendre dans des pages concertantes vu son emploi du temps excessivement chargé ! La publication de cet album nous permet de goûter aux charmes de sa musicalité spontanément lumineuse, rayonnante et des plus raffinées, dans des pages de Marcello, Haendel, Bach et Telemann. Il offre une vision épurée, aérienne et hédoniste du concerto le plus populaire de Marcello, compositeur « dilettante » italien dont le style pourrait imprégner certaines évocations contemporaines de Jan Garbarek. C'est dire comme Ponseele investit ces pages baroques des couleurs de son temps, éclatantes et resplendissantes. Accompagné par l'ensemble Il Gardellino (http://www.ilgardellino.be/), qu'il a fondé avec ses amis, il revisite Bach ou Telemann en synthétisant différentes approches stylistiques et tend une passerelle entre les univers baroque et contemporain, curieusement fusionnés ! L'Oblivion de Piazzolla qu'il donne en bis discographique est un clin d'oeil exquis et joyeux ! Le hautbois aura rarement été si bien mis en valeur dans l'ère baroque. Marcel Ponseele a visiblement pris beaucoup de plaisir à réaliser cet album pour lequel on attend déjà une suite.
(Noël Godts, Bruxelles, février 2004)
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