La claveciniste Geneviève Soly
Les idées heureuses contre les idées reçues
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http://www.analekta.com/site/bio.f/soly_ge.html
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D’un tempérament des plus aguerris dans l’ère baroque, Geneviève Soly ne cesse de s’y mouvoir avec fougue, aisance et raffinement. Elle concentre aujourd’hui l’essentiel de son énergie sur Christoph Graupner, dont elle ressort peu à peu les partitions d’un incroyable oubli. C’est ainsi qu’elle attaque sur deux fronts son immense catalogue, proposant d’une part un fragment de ses pièces pour clavecin solo et de l'autre un échantillon de sa musique instrumentale et vocale. Son parcours de soliste au clavecin lui permet d’enregistrer parallèlement ces deux orientations musicales, de saisir la stylistique, l’inspiration et l’interprétation des pièces pour clavecin dont elle se sert ensuite dans son cheminement instrumental et vocal avec son ensemble Les Idées heureuses. Ce projet Graupner compte actuellement trois albums de clavecin solo et deux albums de musiques orchestrales et vocales. Clarté, concision et rigueur constituent la base de son approche musicologique, didactique et pédagogique dans ce répertoire dont on sent indubitablement des similitudes avec l’univers emblématique du grand baroqueux de Leipzig : Jean-Sébastien Bach. Il est d’ailleurs passionnant de découvrir certaines partitas pour clavecin (GWV 150 & 103) de Graupner, alors maître de chapelle à Darmstadt (dès 1909) qui refusa à regret le poste de Cantor de l’église Saint Thomas de Leipzig en 1723. Bach n’aurait sans doute jamais accédé à ce poste si Graupner ne l’avait refusé ! On sait aujourd’hui grâce à la merveilleuse démonstration de Geneviève Soly que leurs œuvres respectives peuvent rivaliser sans honte en audace, inventivité et inspiration. C’est d’ailleurs avec Bach que Geneviève Soly fit ses débuts chez Analekta, présentant une intégrale de ses sonates pour clavecin obligé et instruments mélodiques. Ses comparses étaient alors la violoniste et chef Jeanne Lamon, les gambistes Jay Bernfeld et Christine Plubeau, les violonistes Chantal Rémillard et Jean-François Rivest et le flûtiste Jean-Pierre Pinet. Elle poursuit son périple Bach avec les concertos transcrits pour clavier dont on ne peut manquer le BWV 974 d’après le Concerto pour hautbois de Marcello, chef-d’œuvre d’illumination baroque que Geneviève Soly transmet avec une avide et passionnante énergie depuis son orgue. Elle contribua également avant de se lancer dans Graupner à ce grand projet de l’œuvre pour orgue et orchestre de Haendel avec l’Ensemble Carl Philipp dirigé par Jean-François Rivest. Elle était épaulée par les organistes Denis Bédard, Robert Girard et Dom André Laberge. Mais c'est aujourd'hui Graupner qu'elle embrasse avec les membres de son ensemble Les Idées heureuses ainsi que les solistes des pièces vocales. Lumineuse et spontanée, Geneviève Soly offre une vision du baroque ouverte et communicative, basée sur une connaissance musicologique impressionnante qu'elle veut avant tout accessible à tous. Soliste d'un jour, chef d'un autre, elle rythme ses pulsions musicales sur l'universalité et l'intemporalité d'une passion devenue naturellement credo : la musique.
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(Noël Godts, 4 août 2004, Bruxelles)
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