Christina Pluhar

"Créer des rencontres"

http://www.arpeggiata.com

 

Avec énergie et spontanéité, l'Autrichienne Christina Pluhar visite l'extraordinaire créativité du XVIIe siècle, de l'Italie à l'Espagne jusqu'au Mexique. Elle manie la guitare et la harpe baroques, le luth et le théorbe avec une sensibilité que libère sa grande connaissance des musiques d'époque, de leurs lois et de leur expressivité. Forte de sa précision musicologique autant que virtuose, elle peut privilégier la richesse de l'improvisation et des rencontres musicales de tous horizons, rapprochant les styles qui s'attirent naturellement. Elle sert la musique dite "savante" en y ouvrant des fenêtres sur la communication entre les styles. Son ensemble, L'Arpegiatta, relève ce défi avec une belle homogénéité de cœur et d'esprit. Et la musique qu'ils nous donnent à entendre renouvelle notre sens de l'écoute, extraordinairement moderne en ce qu'elle s'adresse avec évidence à nos émotions, aujourd'hui même. Son dernier album, Los Impossibles, se passe de toute démonstration.

Christina Pluhar, quel lien faites-vous entre la guitare classique, avec laquelle vous avez commencé, et la musique baroque que vous pratiquez ?

La guitare, c'est l'instrument de ma jeunesse, qui m'a permis de bien travailler ma technique et de me plonger sérieusement dans la musique. J'ai commencé assez tôt et à 19 ans, j'avais déjà le sentiment d'avoir touché à tout le répertoire de la musique pour guitare classique. J'avais un grand besoin de créer, de découvrir, de faire des choses nouvelles. J'ai découvert le luth, et avec lui, cet univers de musique ancienne qui me fascine depuis.

Comment aviez-vous commencé la guitare ?

Un peu par hasard. Je suis autrichienne et en Autriche, les enfants pratiquent habituellement un instrument de musique très jeunes. J'étais attirée par les cordes, leur toucher et... voilà : le chemin s'est fait tout seul, tout simplement.

Vous avez bifurqué vers le luth. De l'instrument romantique qu'est la guitare, à l'instrument baroque qu'est le luth, puis le théorbe et  la harpe...

Quand j'ai découvert ma passion pour le luth et la musique ancienne, il n'y avait pas en Autriche la possibilité de les étudier. J'ai donc quitté mon pays à 19 ans. Je suis allée à La Haye, au conservatoire. Puis à la Schola Cantorum de Bâle. La harpe baroque, je l'ai découverte à la fin de mes études de luth et ce son magique, cette résonance m'ont passionnée... Je ne suis donc jamais passée par la harpe romantique. Luth, théorbe, harpe baroque se complètent parfaitement : vous jouez le même répertoire. Ce sont surtout des basses continues, donc la transition d'un instrument à un autre est naturelle.

Quelle a été la base de la création de votre ensemble, l'Arpeggiata ? Quelles étaient vos ambitions ?

C'était dans la continuité de ma transition de la guitare au luth. Après mes études, j'ai commencé à travailler avec beaucoup d'ensembles et d'orchestres baroques. C'était très excitant car j'ai pu me confronter à des avis différents, rencontrer des musiciens différents... Après un certain nombre d'années, j'ai senti un grand besoin de donner plus encore de moi-même, de faire des créations, de choisir mes programmes, mes artistes, mes spectacles. J'ai créé Arpegiatta en 2000 et depuis je me concentre quasi exclusivement sur le travail avec mon ensemble.

Quelle est la différence entre musicienne d'ensemble et responsable d'un répertoire et de recherches artistiques ?

Parfois il me semble avoir changé de profession ! Carrément ! C'est tellement différent. Quand  on est soliste ou membre d'un ensemble, on se concentre exclusivement sur sa musique. Pour un chef d'ensemble, le travail est beaucoup plus complexe : vous êtes responsable de l'entente entre les musiciens, de l'atmosphère, de la progression du travail depuis l'idée de départ, de la créativité globale, la gestion, l'organisation des concerts, du succès aussi ! Vous vous retrouvez avec beaucoup plus de décisions à prendre à chaque instant, et pas seulement musicales.

Comment définiriez-vous le répertoire que vous pratiquez avec votre ensemble ?

Je suis surtout passionnée par la musique italienne du XVIIe siècle, ce qui n'est pas un hasard car je peux m'y exprimer avec mes instruments, et j'adore cette musique ! Avec Los Impossibles, on a inclus la musique espagnole et portugaise jusqu'au Nouveau Monde. J'y ajoute de petits éléments qui ne viennent pas du XVIIe siècle. J'aime créer des rencontres dans l'optique d'approfondir une recherche sur mon répertoire.

Quel type de recherche faites-vous ?

Le travail dans les bibliothèques, la découverte de partitions inédites. Et j'élargis les recherches en essayant d'inclure ce que les musicologues ne peuvent pas prendre en compte : les rencontres avec des musiciens traditionnels qui ont gardé ce qui n'est pas écrit. C'est une transmission pratique, que l'on comprend uniquement dans le dialogue musical avec quelqu'un.

On pourrait assimiler cette transmission à celle de la Musique du Monde. Tout comme à l'improvisation, qui elle non plus n'est pas écrite...

L'improvisation est essentielle dans la musique du XVIIe siècle. C'est la raison majeure pour laquelle j'aime tant cette musique : elle laisse tellement de liberté qu'elle nous permet de faire une création maintenant, aujourd'hui,  avec des choses écrites il y a très longtemps. Si vous analysez la littérature pour guitare ou harpe baroques, vous retrouverez les mêmes thèmes, pratiquement dans tous les manuscrits. Vous remarquez aussi que tous les exemples de ces pièces sont très rudimentaires, très courts. C'est tout le contraire qui se passe un siècle plus tard avec Bach ou Haendel : la structure et les ornementations y sont fixées. Au contraire, les thèmes très courts vous permettent d'improviser et de créer votre pièce.

Y a-t-il un canevas d'improvisation dans votre travail ?

On a fait beaucoup de travail sur le langage de l'improvisation. C'est une langue : il faut en connaître la grammaire et le vocabulaire pour pouvoir vous exprimer, sans quoi il est impossible d'improviser. Ca ne tombe pas du ciel comme ça. Un musicien de jazz n'a pas seulement un professeur qui lui donne des exercices : il peut écouter des musiciens de très haut niveau qui ont fait trente ans d'improvisation ! Le problème de la musique ancienne est là : on n'a pas d'exemples ! D'exemples sonores, en tout cas. N'existent que des traces dispersées dans des manuscrits. Dans les pièces écrites, on doit analyser et intégrer le style. Une fois qu'on a fait ce long chemin, la théorie et la connaissance du répertoire, on peut reconstruire un langage baroque et s'exprimer dans ce style en improvisant. Sans avoir fait ce chemin, on ne parle pas le langage et on ne peut pas communiquer.

Lorsqu'on parle de musique savante, on a tendance à établir des frontières entre les styles. Or, vous êtes l'exemple atypique de l'intégration dans la musique ancienne d'interprètes qui ont peu à voir avec elle... Quelle est votre (contre-) définition de la frontière musicale ?

Je n'aime pas les frontières musicales, justement !  Au XVIIe, la musique n'avait pas de frontière. La folia, la ciaconna... La musique qui touche, plaît et vit pendant très longtemps partout. Elle se transmet. Aujourd'hui, les frontières se sont créées parce qu'il y a davantage de styles différents : la musique classique (mais qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui : le répertoire romantique ?), la musique contemporaine, la musique baroque... Mais encore une fois, qu'est-ce que ça veut dire ? On est dans des définitions de marketing. En France, on fait même une différence entre musique ancienne et musique baroque ! C'est un peu flou, tout ça, je trouve. Dans la musique actuelle, vous avez une liste à l'infini de classements différents : le hip-hop, le rap, le pop, le rock, le jazz, le free-jazz... une forêt de définitions. Cela vient de la coexistence des styles. Le marché de la musique nous impose de nous mettre dans une case.

Il y a encore la notion fameuse d'authenticité. Vous recherchez les manuscrits pour vous en imprégner et faire des liens entre les différentes musiques, tant classiques qu'autres. Que signifie pour vous cette notion d'authenticité qui actuellement est un peu à bout de souffle ?

C'est une question extrêmement complexe. J'ai passé vingt ans à rechercher ce qu'on appelle l'authenticité. Bien sûr, c'est ça que j'aime : les couleurs musicales, ce langage que j'appelle "le mien". C'est ce que je connais en profondeur. Mais il ne faut pas oublier que le premier problème de la musique ancienne est l'absence d'exemples sonores. A aucun moment, personne n'est donc sûr d'avoir raison. Ni moi ni les autres. Dans les mouvements baroques aujourd'hui, qui a raison ? Les Anglais, Harnoncourt à ses débuts, Les Italiens, René Jacobs, les chanteurs lyriques insérés dans le baroque ? Qu'est-ce que l'authenticité aujourd'hui ? La couleur des instruments, bien sûr mais l'approche vocale reste très floue. Je suis passionnée par la recherche et ce chemin que j'ai emprunté depuis longtemps. "Qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'est-ce que le compositeur avait dans la tête ? Quelles couleurs de basse continue désirait-il ?" Je me pose toutes ces questions dont les réponses ne sont pas notées sur le papier. On est influencé par le chemin qui a été fait. C'est similaire à la musique actuelle. Prenons le jazz :  ça naît avec des musiciens très talentueux qui forment un mouvement. D'où ça vient exactement ? On ne sait même plus aujourd'hui... Il y a plein de théories. A chaque génération, des personnages très forts font évoluer ce style, eux-mêmes influencés. Dans la musique ancienne, on se base sur les recherches musicologiques, mais aussi sur ce qu'on a entendu et vécu dans notre carrière musicale. Ca se donne la main, évidemment.

 

 

Dans vos rencontres musicales, une voix revient souvent en concert et au disque : celle de Lucilla Galeazzi. Quelle a été votre rencontre ?

Je l'ai rencontrée quand j'ai commencé à réfléchir au programme de La Tarentelle. C'était une réflexion de longue haleine, de six ans. Sa voix m'a fascinée. Je l'ai appelée. Elle n'avait jamais entendu une guitare baroque, elle était intriguée... C'est une voix traditionnelle. Elle n'a aucune expérience de la musique baroque. Mais ce qui nous a touchés très profondément, c'est son pouvoir de communication. Cette rencontre a renforcé mon avis de considérer un concert "classique",  en captant le public par l'intensité que nous-mêmes avions vécue avec Lucilla sur scène. Faire passer des messages directs au coeur des gens et pas uniquement à l'intellect.

 

 

Comment avez-vous rassemblé pour Los Impossibles l'Angleterre des King's Singers, L'Espagne de Pepe Habichuela... ?

En fait, mes projets peuvent partir dans les deux sens. Parfois, je rencontre un artiste et je cherche le répertoire qui lui convient. C'était comme cela pour le projet Landi : j'avais entendu Marco Beasley et je me demandais ce que je pourrais faire avec sa voix ! J'ai fouillé toutes les sources possibles manuscrites jusqu'à ce que je trouve les chansons de Landi. Pour les Kings'Singers, c'était la démarche inverse. J'ai découvert cette partition complètement folle des negrillos, qui est tellement avant-gardiste que c'est incroyable de la trouver au XVIIe siècle. L'invention de la langue criollo est une parodie de l'accent des nègres au Portugal. C'est comme le pirate noir dans Astérix ! Exactement la même idée ! Avec des onomatopées ! C'est fou de trouver ça dans un monastère à Coimbra ! Quelle couleur donner à cette musique extraordinaire ? Ca aurait été logique d'appeler des chanteurs portugais... Mais je voulais plutôt mettre en valeur l'extrême modernité de ces partitions. Comme les King's Singers sont très flexibles, c'est à eux que je voulais m'adresser !

Vous avez aussi contacté Pepe Habichuela...

Je l'ai appelé ! Quand un artiste me plaît, je l'appelle ! Ils disent oui ou non. Ils ont pratiquement tous dit oui jusqu'à présent. Ca me fait très plaisir ! Avec Pepe Habichuela, je voulais mettre en relation cette particularité de la musique espagnole baroque basée sur un changement de deux et trois temps et le flamenco qui suit la même rythmique. C'était fascinant ! Pepe Habichuela improvise sur une pièce de flamenco qui s'appelle seguerilla.

D'où vient le titre de votre album, Los Impossibles ?

C'est une pièce qui se trouve dans un manuscrit de Santiago de Murcia, au Mexique du XVIIe siècle. C'est une romanesca, qui a voyagé depuis l'Italie  et existe encore comme chanson traditionnelle au Mexique aujourd'hui. C'est la seule fois où l'on voit la romanesca appelée Los Impossibles. Nulle part ailleurs en Espagne. Le texte de la chanson parle d'un amour impossible : un homme est amoureux d'une religieuse...

 

A l'écoute de vos albums, une personnalité et une sonorité reviennent de manière cyclique, alors que le répertoire est différent. Il s'agit de Kapsberger. Par ses basses et son énergie. On a redécouvert Kapsberger avec l'album de Rolf Lislevand il y a 15 ans. Il en a refait un l'année dernière chez ECM, et vous aussi. Quelle est votre affinité avec Kapsberger dont plane la présence dans votre travail ?

C'est Kapsberger qui a donné son nom à mon ensemble ! L'Arpegiatta est le nom d'une de ses toccatas. Kapsberger, c'est l'un des compositeurs les plus extraordinaires et avant-gardistes du XVIIe siècle. L'Arpegiatta est le premier exemple d'une toccata arpégée comme telle. La plupart des basses continues sont des basses traditionnelles qui reviennent continuellement dans de nombreux manuscrits. Dans les albums de Rolf, on a découvert les basses continues composées par Kapsberger, même s'il a utilisé des basses traditionnelles comme la passacaille. Mais il invente, il imite, il parodie des instruments. Cette liberté d'esprit qui l'a poussé si loin pour nous toucher aujourd'hui, c'est fascinant !

Kapsberger pourrait-il être votre Jean-Sébastien Bach ?

Oui !  C'est certainement un modèle, d'esprit et de mentalité.

Vous referez un album qui lui sera consacré ?

J'aimerais bien ! Tout de suite !

Vous est-il arrivé de penser à la position et au rôle de la femme dans la musique que vous pratiquez aujourd'hui, par rapport au possible de cette même femme à l'époque que vous visitez sans cesse ?

Je crois que c'est toujours difficile dans les deux époques ! Impossible alors d'être maestria di cappella. Ca n'existait pas ! La femme était exclue de la musique par le Vatican. Mais les divas de l'époque étaient des chanteuses... comme aujourd'hui ! Ca n'a pas changé. Même si on a la liberté et l'émancipation de pouvoir diriger. Mais c'est un monde de pouvoir, très masculin, et si on rencontre des problèmes bien moins extrêmes qu'à l'époque, c'est toujours quelque chose qui ne semble pas complètement assimilé. Curieusement... Car il y a dans tous les domaines artistiques des femmes qui atteignent de hauts sommets, mais les femmes chefs d'orchestre et compositrices sont bien moins nombreuses ! C'est une excellente question, en fait... avec très peu de réponses possibles.

Vous évoquez le rôle de la femme dans la composition musicale. Vous-même, qui faites plutôt de la re-composition, vous semblerait-il possible de composer un jour quelque chose pour votre ensemble ?

C'est une très bonne question... Je ne suis pas prête à faire ça comme on transformerait un style ancien en moderne... Pour moi, ça ne semble pas très naturel. D'autre part, je n'aime pas les sonorités de la musique contemporaine : le manque de structure et d'harmonie ne me touche pas, tout simplement. J'adore l'harmonie et la complicité rythmique dans des cadres reconnaissables et humains. Etre dans le vide est trop lourd pour le coeur et pour l'âme. Pour l'instant, je crée des rencontres... peut-être pour toutes ces raisons. Je veux faire des créations, mettre beaucoup de moi-même et de nous-mêmes dans l'improvisation et les arrangements, toujours en me basant sur des choses écrites dans les manuscrits. On a développé un certain style en improvisant et en jouant ensemble : une certaine sonorité, une certaine personnalité.

Vous est-il possible de résumer en un mot pourquoi la musique ?

La musique, c'est ce qui fait la différence entre les animaux et l'homme ! Le langage et la musique.

Y a-t-il un rêve musical qui vous titille encore ?

Beaucoup de rêves... et de projets dans la tête et le coeur. Mais l'un d'entre eux, c'est que ce soit moins difficile. Dans la musique baroque, on est encore beaucoup dans le vide. On n'a pas de lieu fixe, ni de salaire... ce qui implique un travail d'organisation beaucoup trop lourd. On n'est pas dans une situation de maison d'opéra où on peut vraiment prendre le temps de créer. Il faut toujours courir contre le temps, car chaque jour coûte. Et pour convaincre quelqu'un que ça coûte, vous dépensez beaucoup d'énergie ! Mon souhait serait de pouvoir être indépendante pour créer certaines productions qui pour l'instant sont trop lourdes... Or, si vous entrez dans un théâtre baroque, vous devez aussi en suivre l'idée... On parle alors "d'opéra baroque", ce qui est étrange ! Mon rêve, loin de cela, serait d'avoir du temps pour créer plus facilement.

Propos recueillis à Bruxelles par Noël Godts, le 26 octobre 2006.

 

Petit trajet biographique :

Christina PLUHAR, harpe, théorbe et direction

Christina Pluhar découvre, après ses études à l'Université de Graz, sa ville natale autrichienne, ses profondes affinités pour les musiques baroque et renaissance. Elle se consacre dès lors au luth, au théorbe, à la guitare baroque et à leur répertoire, qu'elle a étudiés au Conservatoire Royal de La Haye et à la Schola Cantorum Basiliensis avec Hopkinson Smith. Elle diversifie ensuite son approche de la pratique des instruments à cordes anciens en étudiant la harpe baroque. Elle est installée à Paris depuis 1992 et se produit régulièrement comme soliste et continuiste dans les ensembles les plus prestigieux. À son répertoire figure la musique solo pour luth renaissance et baroque, guitare baroque, archiluth, théorbe et harpe baroque des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. En 2000, elle créé son propre ensemble L’Arpeggiata, avec lequel elle explore la musique vocale et instrumentale du premier baroque avec beaucoup de succès. Parallèlement à ses activités de chef et soliste, elle est professeur de harpe baroque au Conservatoire Royal de La Haye et donne des masterclasses à l'Université de Graz (Autriche).

L’Arpeggiata

L'Arpeggiata est un ensemble vocal et instrumental à géométrie variable centré autour de la personnalité de son directeur musical et chef, Christina Pluhar, qui catalyse par son enthousiasme la prestation de ses musiciens. Il fait appel aux meilleurs instrumentistes européens actuels et propose des programmes en collaboration avec des chanteurs exceptionnels venus habituellement aussi bien du baroque que de la musique traditionnelle et même du monde de la musique en général. L'exigence de son travail artistique est maintenant unanimement reconnue et saluée. Depuis sa naissance en 2000, L'Arpeggiata a pour vocation d'explorer la riche musique du répertoire peu connu des compositeurs romains, napolitains et français du premier baroque. Ce credo s'exprime dans une approche vocale nouvelle par un travail en profondeur sur l'interprétation du recitar cantando, ainsi que le chant influencé par la musique traditionnelle. L'ensemble s'est encore donné comme fils directeurs l'improvisation instrumentale et la recherche sur l'instrumentarium en exploitant la richesse de celui-ci dans la plus pure tradition baroque, et la création et mise en scène de spectacles «événements». Il favorise ainsi la rencontre de la musique et du chant avec d'autres disciplines baroques, indissociables en leur temps, tels la danse et le théâtre. L'Arpeggiata se produit avec succès au sein de tous les grands festivals en France et en Europe comme Sablé sur Sarthe, Utrecht Oude Muziek, Anvers Festival des Flandres, Rencontres à Vézelay, Arques la Bataille, Namur, Pfingstfestspiele Melk, Brugge, Ambronay, Pontoise, Saint- Pétersbourg, Théâtre de Bordeaux, Sully-sur-Loire, Festival du Haut Jura, Festival de la Vézère, Darocca, Torroella de Montgri, Festival Atlantique Açores, Dole, Sevilla, Potsdam, Barcelone,..  En 2006 l’Arpeggiata a entrepris une nouvelle collaboration avec la maison de disques Naïve et débute une série d’enregistrements dont le premier paraîtra à l’automne 2006. L’Arpeggiata est soutenue par la Fondation France Telecom et le Ministère de la Culture, Drac Ile de France.

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Petit trajet discographique :

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