Eliane Reyes

L'épanouissement d'une pianiste belge

http://www.eliane-reyes.com

Si vous ne la connaissez pas encore, vous n'allez pas tarder à vous familiariser avec cette jeune artiste douce et volontaire : finaliste du Concours international de Montréal, actuellement sélectionnée pour l'impressionnant concours Marguerite Long, elle sera accompagnatrice officielle du Concours international Reine Elisabeth de Belgique pour la session violon en 2005. Eliane Reyes assume sa passion avec une lucidité et une franchise qui soulignent sa détermination et impressionnent vivement. Elle semble souhaiter avant tout vivre et partager ce qu'elle aime, intensément et ... honnêtement. Pianiste, mère, femme amoureuse : un rêve d'harmonie que sa solidité et son équilibre rendent plus que possible. Enthousiaste et sensible, elle n'en demeure pas moins consciente, vigilante, conséquente et résolue.

Le Conservatoire de Bruxelles, la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, le Lemmens Instituut et enfin Paris : comment ces différents types d'enseignement se sont-ils inscrits dans votre parcours ?

Le Conservatoire de Bruxelles m'a permis de travailler avec un seul grand maître, Jean-Claude Vanden Eyden, et de recevoir une formation assurée par une même personne qui m'a beaucoup appris. Le Lemmens était très enrichissant puisque j'ai étudié avec Alan Weiss et maintenant, en troisième cycle, je peux bénéficier de nombreux concerts et de conseils issus de professeurs différents, puisqu'on peut choisir "à la carte". Je travaille actuellement avec Brigitte Engerer, Michel Beroff et Jacques Rouvier. J'en suis très heureuse, et pour la musique de chambre, je compte aller voir Pierre-Laurent Aimard. Nous pouvons choisir en fonction des œuvres que nous abordons. C'est donc un cycle que l'on ne peut entamer que si l'on a eu vraiment un maître auparavant, sinon ça peut être déstabilisant.

Trouvez-vous une complémentarité entre les trois personnalités que vous venez de citer ?

Tout à fait. Brigitte Engerer, de toute façon, par sa personnalité un peu extravagante, est pour la musique russe très chaleureuse et personnelle. Michel Beroff, plus austère, a une démarche plus proche du texte en musique française, chez Messiaen, Bartok, etc. J'aime Jacques Rouvier pour son côté pédagogique : il insiste davantage sur les conseils de base, techniques, alors que les deux autres parlent plus de la musique. Je puise chez chacun d'entre eux les éléments qui me sont nécessaires.

Comment une Belge parvient-elle au Conservatoire national supérieur de Paris ?

C'est la première fois qu'une pianiste belge entre en troisième cycle. Je connaissais de réputation. J'ai donc passé l'examen après m'être inscrite sur internet. Je venais d'accoucher et... j'ai fait ça de l'ordinateur portable de mon lit d'hôpital ! Avec mon bébé. Je ne me faisais pas trop d'illusions. Et puis, j'ai réussi sur dossier. J'ai passé un premier examen. Il y avait des imposées qu'il fallait apprendre en deux semaines. Nous sommes restés 40 sur une centaine au départ. Nous avons été six à entrer après la dernière épreuve de récital. Je crois que c'est le fruit de mon travail pour le Reine Elisabeth. J'avais si bien préparé le programme que ça m'a évidemment servi pour ce troisième cycle. Je connaissais mon programme sur le bout des doigts ! Je n'ai pas eu le trac.

Combien de temps dure ce cycle ?

Deux ans. C'est ma dernière année. Et c'est très utile pour lancer une carrière. Ils ont fait un superbe travail au CNSM puisque je vais jouer au théâtre Mogador. Je viens de passer dans l'émission Les Grands Pianistes de demain sur France Musique... Ils font vraiment un travail de sponsoring assez intense.

Quelles sont les grandes différences d'enseignement entre Paris et la Belgique ?

J'ai pu mesurer les lacunes de l'enseignement belge : nous n'avons pas de structure mise en place pour nous aider à trouver un impresario par exemple, ou un bureau de concerts comme j'ai pu en trouver à Paris. Le Conservatoire ne pousse pas non plus à la préparation de concours, ni n'offre la possibilité de roder les concertos. Cependant, ce qui est très bien dans l'enseignement belge et qui manque à Paris, ce sont les cours parallèles. Ici, j'ai reçu une très bonne formation en harmonie, contrepoint, fugue, etc. Et les musiciens français ne connaissent pas cela. Je le vois à l'approche des œuvres, quand on discute avec les professeurs : les élèves travaillent huit heures par jour, ils ont la possibilité de jouer leur programme, peuvent jouer les 24 études de Chopin (ce qui est phénoménal) mais... des "à-côtés" culturels, il ne faut pas trop en parler. Au contraire, l'enseignement belge est très fort en ce domaine. Avec la réforme, il donne même un peu trop de cours de ce style... Mais les Français pourraient en prendre un peu de la graine.

Curieusement, vous avez présenté deux fois le CMIREB et en 2005, vous en serez une pianiste accompagnatrice officielle. Quel est l'envers de ce décor ?

La première fois que je l'ai présenté, en 1999, je n'étais pas très contente de moi. Je crois que je n'étais pas mûre. En revanche, je pense avoir bien joué en 2003 ; Arie Van Lysebeth était sûr que je passerais dans les 24. Il a été surpris que mon nom ne soit pas cité et il m'a dit qu'il ferait quelque chose pour moi. Pour que les Belges n'oublient pas que j'avais bien joué. C'est donc en partie grâce à lui que j'ai pu avoir cette place d'accompagnatrice au Concours Reine Elisabeth. Que je sois finaliste du Concours de Montréal a appuyé cette décision, qui me tenait beaucoup à cœur aussi. J'aurai le même âge que les jeunes violonistes que je vais pouvoir soutenir : ce sera une collaboration très intéressante.

N'est-ce pas un peu dangereux pour eux quand vous connaissez si bien ce milieu du Concours ?

Je pense que deux aspects sont dangereux : il va d'abord falloir assurer. Daniel Blumenthal l'a très bien fait pendant des années ; il sera donc difficile aux nouveaux accompagnateurs de "prendre sa place". De plus, il faut une maturité qui nous permette de ne pas "traquer" par rapport aux jeunes candidats. Je m'en sens capable. Je peux me mettre à leur place et la compréhension est un atout aussi. C'est une question de confiance.

Quel est votre travail spécifique par rapport à la préparation de ce concours 2005 ?

Travailler l'imposé qui sera le Concerto de Dvorak, qui n'est pas souvent joué d'ailleurs. Et un maximum de répertoire. J'ai beaucoup joué avec violon. C'est sur cette base aussi qu'ont été choisis les pianistes. On ne doit pas tout apprendre, heureusement, d'ici avril ! Mais il faut écouter, lire des partitions, s'entretenir pour les avoir dans les doigts...

Quelle était votre principale motivation pour vous présenter deux fois au CMIREB ?

En 1999, c'était un passage obligé, parce qu'on sortait des études et ce n'est pas une motivation personnelle. C'est presque automatique. En revanche, en 2003, j'avais vraiment envie de le faire car je possédais le programme qui me convenait. Je l'ai fait dans la détente. J'ai été déçue de ne pas aller plus loin, mais le travail n'a pas été perdu, puisqu'il m'a servi pour Paris et Montréal.

Que s'est-il passé à Montréal ?

J'ai accédé en finale. Je suis arrivée septième sur 244, et sur 9 finalistes. Cela m'a permis d'être remarquée puisque c'est passé sur internet. Il y a eu beaucoup de captation. Cela a donc été une expérience très positive.

Avez-vous remarqué une différence par rapport au CMIREB ?

Le fait de ne pas jouer dans son propre pays met plus à l'aise ! C'est vrai que je suis arrivée là avec plus d'aplomb encore. Et puis, c'était un autre jury... Je ne sais pas si j'ai mieux ou moins bien joué qu'au CMIREB, mais le jury a apprécié. C'est vraiment une loterie. Le troisième prix du Marguerite Long n'a pas même réussi le premier tour à Montréal...

Vous avez eu le prix de la Fondation belge de la vocation. Que cela signifie-t-il ?

Ca m'a aidé pour Paris. Ils ont financé mon départ et ma première année. Heureusement, car comme je ne m'attendais pas vraiment à passer, si je ne les avais pas eux derrière moi, je n'aurais pas pu assumer cela. Parce qu'il faut rester à Paris. Une fois qu'on est dans ce cycle, on a beaucoup d'occasions de rencontrer des gens, et l'on suit des cours intensifs. Il nous faut donc un pied-à-terre.

Maintenant que vous êtes passée au-delà de la période des concours, le referiez-vous ?

Je n'ai pas encore fini. Je continue encore un peu, jusqu'à mes 28 ans. Je me laisse encore 2 ans. Je viens d'être dans les 49 sur 200 au Marguerite Long. C'est une étape en plus. J'espère aller le plus loin possible et au moins me faire remarquer. Et jouer le mieux possible. Il n'est pas nécessaire d'être parmi les tout premiers pour réussir une carrière. Cyprien Katsaris avait eu le neuvième prix... Tant qu'on joue bien et qu'on est remarqué et apprécié, c'est le principal. Je crois que les concours servent à cela. Avant, on faisait une fixation sur les premier et deuxième prix. Je ne pense plus que ce soit encore le cas à notre époque. Enfin, pas pour tout le monde.

Le Marguerite Long, c'était un peu un rêve ?

Oui, un mythe ! Je n'osais pas m'inscrire ! D'abord j'adore Marguerite Long, ses enregistrements... Etre dans les 49 et la seule Belge, je suis déjà contente, mais je vais travailler !

Quel répertoire est-il exigé ?

Oh ! il y a une vingtaine de pièces ! C'est énorme ! Il y a trois tours. Deux concertos  : j'ai choisi le premier de Liszt et le Ravel, sol majeur, sur une liste très restreinte qui laissait peu de choix.

Ravel semble devenir très important dans votre parcours ?

Oui, et dans les concours. Il y est de plus en plus proposé, donc ça tombe bien.

A Montréal, vous étiez finaliste avec le Ravel aussi ?

Oui, c'est ça. Bon, peut-être que si j'avais choisi un autre concerto, ça aurait mieux payé... Le troisième mouvement reste un peu en suspens. Il ne paye pas très bien mais... le deuxième mouvement est tellement beau !

Mais faut-il vraiment prendre les "tubes" du répertoire ? Les Rachmaninov,  Tchaïkovski et  Prokofiev ?

Moi, je ne le crois pas en tout cas. Et je ne veux pas le faire. Je m'étais même dit que je passerais un jour un concours avec Poulenc. Pourquoi pas ? Sortir des sentiers battus n'est pas mauvais non plus. Il est vrai que terminer par un Tchaïkovski emballe le public : c'est lui qui fait le succès aussi. Comment ne pas être pris ? Mais un Ravel raffiné, pour moi, compte tout autant.

Parmi vos rencontres, certains noms sont très importants pour une jeune pianiste : Argerich, Ashkenazy, Badura-Skoda, Perahia et enfin Rostropovitch... Martha Argerich a une influence toute particulière pour la génération des jeunes pianistes.

Je l'ai connue à l'âge de 13 ans, parce que je venais d'avoir mon premier prix de conservatoire à Bruxelles. J'avais donc un programme dans les doigts. Un jour que je prenais une glace avenue Louise, une copine me dit : "Tu sais que Martha Argerich habite là ?" Je suis allée sonner à l'improviste. Une dame a ouvert la fenêtre, un chat est sorti. J'avais de l'admiration pour Martha depuis six mois mais je ne l'avais jamais vue : je ne l'avais qu'entendue au disque. J'ai donc demandé : "C'est ici qu'habite Martha Argerich ? Je voudrais la rencontrer." La dame m'a dit d'entrer, je lui ai expliqué que j'étais pianiste et que j'aimerais jouer pour elle. Elle m'a dit : "Asseyez-vous. Jouez quelque chose.". J'ai joué Les Jeux d'eau de Ravel et elle m'a dit : "C'est moi, Martha." Elle m'a félicitée et cela s'est vraiment très bien passé. Je l'ai vue il y a deux semaines et elle m'a raconté cette anecdote dont elle se souvient toujours. C'était avant qu'elle ne s'occupe des jeunes pianistes. Elle soignait un cancer à cette époque et n'était pas très bien, mais c'est elle qui a donné mon adresse à Ashkenazy. Elle n'a pas encore joué ce rôle, comme elle le fait avec ses poulains, de me faire enregistrer un disque, mais c'est en pourparlers. Je dois la revoir à ce sujet. En tout cas, elle a joué un rôle affectif énorme ; elle m'a rassurée par rapport au fait d'avoir commencé le piano trop tôt. Je trouvais très lourd à porter d'avoir donné des concerts à cinq ans. Elle avait ressenti elle aussi la même chose. Elle m'a rassurée aussi sur le fait d'être maman, parce qu'elle l'a été à trois reprises. Elle est très importante pour moi : un modèle.

Qu'est-ce qui vous a fait choisir le piano si tôt pour parvenir à faire un concert à cinq ans ?

Je crois qu'on ne choisit pas quand on est petit : les parents décident pour nous. Et si l'enfant aime bien (parce qu'il faut quand même aimer, sinon ça ne marche pas), on suit la voie qui a été tracée. Mais dire qu'un enfant choisit à 3 ans... Non, mais s'il tient le coup, c'est qu'il aime la musique. C'était mon cas, voilà.

Vous êtes maman maintenant. Referez-vous la même chose que ce que vous avez vécu ?

Catégoriquement non ! Je ne porterai pas la double casquette de mère et de professeur, ce que ma mère a fait. C'est un rôle très ambivalent pour l'enfant. Donc, je lui conseillerais un professeur. Et je ne pense pas que je lui ferais commencer des concerts à 5 ans. Je ne crois pas que cela soit nécessaire pour faire carrière. Certains ont donné leurs premiers à 10 ans et sont au top !

Comment s'est passé votre rencontre avec Rostropovitch ? Pianiste mais surtout chef d'orchestre et violoncelliste.

Je l'ai rencontré avec Marie Hallynck. Il enregistrait un disque avec l'orchestre des Flandres il y a cinq ou six ans. Elle m'a appelée : "A quatre heures, Rostropovitch peut nous écouter. Est-ce que tu viens à Anvers ?" J'ai pris le train. On n'avait pas répété. On lui a joué la Sonate de Debussy et il s'est tout de suite mis au piano. C'est là qu'il a tout expliqué. Et que j'ai vu aussi qu'il jouait. Il a parlé beaucoup d'émotion. Il nous a raconté que l'archet devait être comme un petit moineau avec lequel on devait être attentionné, et qu'il ne fallait jamais lâcher. Garder la tension musicale, au piano ou au violoncelle. Cette image m'est restée et je vois cette fragilité qu'il a voulu expliquer. Cette rencontre n'a duré qu'un après-midi mais elle a été marquante.

Peut-on parler de préférences dans votre répertoire de soliste, chambriste ou accompagnatrice (comme ce qui va arriver en 2005) ?

Oui. En soliste, j'ai une préférence pour la musique française. c'est là où je me sens le mieux. En deuxième, je classerais la musique de chambre : tout le répertoire de Beethoven à nos jours. La musique belge aussi. L'accompagnement  et la musique de chambre vont quand même de pair.

Et parmi les compositeurs ?

Debussy, Ravel, Chopin, Schumann, les quatre !

Et Beethoven, Mozart ?

Oui... Mais je ne les ressens pas de la même manière. Même si je les aime, évidemment ! Quand je prends une partition de Debussy, les couleurs me fascinent. Je peux passer huit heures sur mon piano à chercher des sonorités différentes, des pédales... Ravel, j'adore son côté basque aussi, sa rigidité... Et Schumann, sa fragilité et sa complexité psychologique. Si je prends une sonate de Beethoven, je ne passerai pas huit heures d'affilée à chercher. Je lirai davantage : ce n'est pas le même travail. C'est une passion différente.

Qu'est-ce qui vous intéresse dans un choix de répertoire ?

J'essaie d'abord de voir ce qui me convient le mieux.  Celui où je serais le plus irréprochable car... pour faire carrière, il faut essayer aussi d'avoir le moins de critiques négatives possibles ! Je vois donc ce qui est pour moi et que j'ai envie de jouer. J'essaie également d'intégrer une œuvre ou deux qui sont moins jouées, comme Ginastera.

Y a-t-il des pianistes encore vivants ou disparus qui vous inspirent ?

Absolument. Parmi les disparus : Clara Schumann. C'était pour moi une pionnière, sans doute la première femme concertiste dans les années 1850 à mener une carrière et être admirée des grands compositeurs, et en étant mère de famille. Pour moi, c'est un modèle complet ! A notre époque, Martha Argerich, bien sûr ! Murray Perahia. et dans un autre style Bobby Mc-Ferrin...

Parmi les femmes, vous ne pensez pas à Clara Haskil ?

Si, si. Pour son jeu. Tout à fait !

La musique, pourquoi ?

Pour exprimer quelque chose. Pour partager des émotions avec les gens. Rencontrer des gens, voyager. Mais surtout, oui : partager les émotions !

Est-ce qu'il vous arrive de ne pas y parvenir ?

Oui, bien sûr. Mais on arrive toujours au moins à raconter quelque chose. Même si l'on ne se sent pas bien et qu'on n'a pas assez d'inspiration. Comme la technique et le travail ont été préparés, j'essaie de ne pas trop m'en occuper au moment du concert.

Le répertoire contemporain vous tente-t-il ?

A petites doses. J'aime bien mais... pas des choses trop massives. J'adore Dutilleux, Benoît Mernier qui vient d'écrire pour moi d'ailleurs...

Pourrait-on imaginer un jour ou l'autre vos compositions pianistiques ?

Je ne crois pas, non ! (Rires) Petite, j'improvisais beaucoup, mais maintenant, ça ne vient plus.

L'improvisation pourrait vous mener sur les sentiers du jazz ou autre ?

Je vais jouer sur le cd d'Hugues Maréchal qui fait de la variété française, mais ça reste quand même classique. Improviser, je n'en ai pas le talent !

Propos recueillis à Bruxelles par Noël Godts le 5 octobre 2004

Petit trajet biographique :

Eliane REYES, pianiste

Née le 7 juin 1977 à Verviers (Belgique)


Née en 1977, Eliane REYES, donne son premier récital à  Durbuy à l'âge de 5 ans et reçoit le prix César Franck sous l'égide de Jörg DEMUS. A 10 ans, elle est lauréate de la fondation Cziffra à Senlis (France). Elle obtient les diplômes supérieurs de piano et de musique de chambre au Conservatoire royal de musique de Bruxelles auprès de Jean-Claude Vanden Eynden. Elle parfait sa formation à la Chapelle musicale Reine Elisabeth et reçoit en 1995 le titre de graduée de cette institution avec grande distinction et virtuosité. Elle est également titulaire du diplôme de maîtrise au Lemmens Instituut à Leuven dans la classe d'Alan Weiss. Elle étudie auprès de Hans Leygraf au Mozarteum de Salzbourg ainsi qu'à la Hochschule der Künste de Berlin et obtient le diplôme final. Diverses master classes lui ont permis de bénéficier des conseils de : G.Sebok, M. Beroff , Brigitte Engerer, A-R EL Bacha, Martha Argerich, Vladimir Ashkenazy, Vitali Margulis, Paul-Badura Skoda et Murray Perahia. En 2003, elle réussit à l'unanimité son entrée au 3ème cycle du CNSM de Paris. Elle remporte de nombreux prix et distinctions parmi lesquelles le Premier Prix à l'unanimité et prix spécial de la meilleure interprétation artistique au Concours International d'Ettlingen en 1996. Médaillée du concours Maria CANALS en musique de chambre Diplômée du Concours Clara SCHUMANN à Düsseldorf en 1997. Lauréate
de la FONDATION BELGE de la VOCATION et de la Fondation Georg Solti, elle multiplie les récompenses depuis ses débuts ai piano. Elle se produit sur la scène du Palais des Beaux-arts de Bruxelles à l'âge de 11 ans pour les 50 ans des Jeunesses musicales avec l'Orchestre national de Belgique. Cette même année, elle a également l'opportunité de jouer en soliste sous la direction de René Defossez et André Vandernoot. Sa carrière prend une dimension internationale lorsqu'elle joue en soliste au festival Tibor Varga à Sion (Suisse) sous sa direction, en 1993 à Boston (U.S.A) avec le New England Chamber Orchestra ainsi qu'en Allemagne, en France, au Portugal, Pologne. En 1996, elle a l'occasion de rencontrer et jouer pour Mstislav Rostropovitch. En 1998, Eliane entame une tournée de concerts dans les salles importantes d'Allemagne (Beethovenhalle à Bonn, Konzerthaus à Berlin, Liederhalle à Stuttgart, Musikhalle à Hambourg...) avec la « Klassische Philharmonie Bonn » sous la direction du chef d'orchestre Heribert Beissel dans le concerto de Schumann. Elle donne un récital organisé par Vladimir Ashkenazy à Berlin, puis un autre en Suisse, dans le cadre du Festival de Sant-Moritz en mars 2001. En 2003, elle joue en duo avec Misha Maisky . En 2004, elle joue à la Sorbonne (Paris),est invitée au Klavier-Ruhr festival en Allemagne, se produit au festival des  Flandres avec le Quaturo Danel, le festival d'Horrues avec Henri Demarquette, le festival "jeunes talents" à Paris. Elle est finaliste du Concours International de Montréal (Canada.) En octobre 2004, elle se produit à l'Atrium Magne à Paris, est invitée dans l'émission "Dans la cour des grands" sur France Musique et fait partie des 49 candidats sur 180 à être choisis pour le concours Marguerite Long. En 2005, elle sera accompagnatrice officielle du concours international Reine Elisabeth de Belgique pour la session violon.

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