Odair Assad

Musique et Famille : un cheminement spirituel à la croisée des hasards

Lire notre page Agenda des Concerts

(Interview réalisée le 16 septembre à Bruxelles par Noël Godts)

On dit "les frères Assad" dans un souffle, presque sans y penser, tant le duo d'Odair et Sergio est entré dans l'histoire de la guitare. On dit aussi "la famille Assad", puisque de leurs parents à leurs enfants, la musique est une sorte de "religion", de partage heureux et spirituel, de joie créative partagée. A l'occasion du concert Familia Assad from Brazil au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles le 29 octobre 2004 (voir notre page Agenda des Concerts),  Odair Assad s'est gentiment prêté au jeu des souvenirs pour nous raconter la bien belle histoire d'une grande passion commune.

Odair Assad, peut-on parler d'une dynastie Assad, comme on pouvait parler du "clan Romero" ?

Bon, "dynastie" est un mot trop chargé... Romero, c'est différent : le papa était guitariste, et tous les enfants ont été obligés de jouer de la guitare. Dans notre cas, c'est Sergio et moi qui avons commencé. Mon Papa, il joue de la mandoline et il a commencé à faire le choro, notre jazz au Brésil, assez swingué. Mais il n'était pas facile de se trouver des partenaires. Nous habitions un petit village dans l'Etat de Sao Paulo. Un jour, mon frère lui a dit qu'il avait envie d'apprendre. J'étais jaloux : il avait quatre ans de plus que moi ! Mon Papa a tout de suite pensé : "Parfait ! Je ne cherche plus des gens pour jouer avec moi : je les ai à la maison !" Et voilà le grand départ. De là, on a appris en six mois tout son répertoire. Mon Papa était fou : il a montré ses deux enfants à tous ses amis, on a fait des sérénades... C'était une bonne époque.

 

Comment êtes-vous parvenu à ce duo professionnel avec votre frère ?

C'est la suite. Notre père a commencé à chercher des professeurs. Il n'y en avait pas là où l'on habitait. On en a trouvé certains qui, lorsqu'on lisait une partition, étaient encore à la deuxième ligne quand nous les attendions à la quatrième ! Il fallait trouver une issue. Et c'est arrivé un peu par hasard. Un journaliste du  Globo de Rio connaissait un grand professeur, madame Monina Tavora, une élève de Segovia, qui habitait à Rio de Janeiro. Ce qu'il faut souligner, c'est qu'auparavant, mon Papa était si content de nous qu'il essayait de nous montrer partout. C'était génial, ça ! Donc on a joué à la télévision brésilienne, comme des petits génies. Ce genre de choses... Puis on a joué avec le grand créateur du style de la mandoline, Jacob do Bandolim (mon Papa était même un peu jaloux...); puis avec le flûtiste Altamiro Carrilho, dans les années 60. Après tout cela, nous avons tout changé pour devenir un duo classique sous la conduite de Monina Tavora. Nous avons découvert le monde baroque, le romantisme...

Comment conciliez-vous le duo classique avec tous les maîtres brésiliens que vous jouez aussi ?

Dans la réalité de notre expérience, quand nous sommes arrivés en Europe, en 1979, on a fait le concours de l'Unesco que nous avons gagné. Là, nous avons vu pour la première fois qu'il y avait un air de changement dans le monde classique. Pour nous, il était tout à fait naturel de reprendre ce côté "populaire" de la musique du choro, de la samba. La musique qui danse. En 1983, nous avons été invités au grand concours de guitare classique solo organisé par Radio France pour jouer en duo pendant que le jury délibérait. Sur quarante minutes, nous en avons joué quinze de musique brésilienne arrangée par Sergio. Les gens étaient fous ! Et c'était pour nous une découverte : les gens avaient envie d'écouter ça avec la technique de la guitare classique...

Comment s'est faite votre rencontre avec Piazzolla ?

C'est encore un hasard ! Même s'il y a des hasards qui n'en sont pas : on se rencontre parce qu'il faut qu'on se rencontre. Ça arrive dans la vie de chacun, mais il faut y faire attention ! Nous avons interprété des arrangements de certaines des œuvres de Piazzolla dans la même époque que celle où nous avons joué Gnatalli. Quand nous étions enfants, nous avions beaucoup écouté le tango. Mon Papa avait un ami d'Uruguay qui était chanteur de tango. Le feeling était donc là. Nous n'allions pas faire d'arrangement de Gardel... Mais Piazzolla est un compositeur classique qui avait étudié avec Nadia Boulanger. Il avait un répertoire immense que nous pouvions exploiter. Piazzolla donnait un concert à Paris et un de nos amis, qui le connaissait bien, nous avait invités à la fête qui se déroulait après le concert. Là, nous avons joué pour Piazzolla. Sa musique. Il était emballé : "Ça sonne bien à la guitare, ma musique !" Je n'invente rien. Il était si enthousiaste de sa musique pour deux guitares qu'il a proposé d'écrire pour nous. Il a conçu la Tango Suite en trois mouvements ! Cela lui a pris trois mois ! Nous avons reçu la partition au Brésil. Il y avait des effets de percussions, c'était très rare à l'époque et très amusant. La première fois que nous avons joué cette Tango suite, c'était au Festival de Liège en 1985. Les hasards sont incroyables ! On était très nerveux parce que... Piazzolla était là : ce n'était pas programmé comme ça ! Nous étions invités et... il était là ! Il est monté sur scène. Il a sauté sur l'estrade, malgré son problème à la jambe, nous a lancé des gros mots - de joie ! - nous a embrassés ! C'était une amitié musicale réelle : il était vraiment heureux.

Dans un duo musical, y a-t-il un leader, ou deux personnalités meneuses ?

C'est une question d'université ou de conservatoire ! Dans un duo, le leader, c'est la musique. On doit respecter la musique, la suivre. C'est aussi simple que ça. Si je fais la partie la plus importante, c'est moi le leader, à ce moment-là. Au moment où j'arrête, je passe le relais. Parfois il y a des endroits où cela s'équilibre.

Etes-vous toujours d'accord avec les transcriptions de votre frère ?

C'est dommage que Sergio ne soit pas là. C'est à lui d'en parler... Sergio, il écrit, il arrange. Donc il me donne toujours en secret les choses les plus compliquées à jouer. Je reste à la maison, je travaille; et lui il n'a pas besoin de travailler énormément pour jouer ses arrangements. Je trouve que c'est juste parce que lui, il doit travailler beaucoup à l'ordinateur. Mais ce serait mieux qu'il le dise lui-même !

Parlez-moi de votre projet Familia Assad, en famille avec votre soeur et vos parents ?

Toute notre famille est musicienne ! Notre soeur, Badi, fait une carrière seule ; elle fait des choses merveilleuses. Je ne sais pas expliquer pourquoi. C'est dans le sang. Nous sommes une famille très unie. Sergio habite maintenant à Chicago. On se rencontre toujours au Brésil, deux fois par an chez Papa et Maman. Badi habite à Sao Paulo (voir nouveautés guitare). Elle vient aussi. Et ça, depuis des années. La fille de Sergio a étudié la musique très très jeune ; elle était très douée au piano. C'est Clarice (voir nouveauté traverse). Carolina, ma fille, n'a jamais été dans la musique et elle a commencé à chanter il y a cinq ans. Elle a une voix exceptionnelle. L'émotion passe. Le fils de Sergio est un peu comme son Papa : il compose déjà. Il n'étudie pas la guitare mais il fait des accords de rock, etc. Des choses très bien. Il a déjà enregistré un petit disque au Brésil. On a commencé nos concerts également par hasard, aux Etats-Unis ! On avait décidé de monter un spectacle pour s'amuser, dans la ville où habitent Papa et Maman. Ça a très bien marché. Puis on l'a fait à Sao Paulo. Et l'idée a grandi. Beaucoup de musique instrumentale, et de musique populaire aussi. Maman chante, Badi, Clarice... Seuls Sergio et moi ne chantons pas ! Et Papa !

Pourquoi la musique ?

Je vais copier mon Papa. Quelqu'un lui a un jour posé cette question. Il a répondu que la musique, c'est comme une religion. Et je suis tout à fait d'accord. On la pratique. On peut faire la prière en jouant un andante. On est en communication avec quelque chose d'autre. C'est très varié, cela reprend tous les aspects spirituels... On peut aussi être fâché. On peut tout faire avec la musique. C'est un portrait intérieur de l'être humain. Pourquoi la musique ? Parce que c'est l'humain.

Comment gérez-vous votre duo et votre parcours solitaire de la guitare ?

Nous n'en sommes pas encore arrivés à cette question, mon frère et moi. Notre duo continue à nous convenir : on a énormément de travail et d'ambitions communes. Notre complémentarité est assez rare, on le voit car on a l'expérience du jeu avec d'autres gens. On nous considère comme Sergio-Odair, une entité musicale. On a joué avec Yo-yo Ma. C'est une espèce de dieu maintenant, dans la musique classique. C'est impressionnant... Je n'ai jamais vu quelqu'un comme lui. Il est génial, comme personne. Comme violoncelliste, c'est évident ! Qui travaille avec lui est vraiment touché. Il est très humain. Et ça a très bien marché, car ni lui ni Sergio ni moi ne pensons en termes de "stars".

(Noël Godts, Bruxelles, le 16 septembre 2004)

Petit trajet biographique :

Sérgio et Odair Assad

sont nés dans la petite ville de Mococa, au Brésil, où ils ont passé leur enfance. C’est dans leur pays natal que, encore enfants, ils donnent leurs premiers concerts, puis adolescents, ils font leurs débuts à New York en 1969. Depuis bientôt quarante ans de vie professionnelle commune, les frères Assad ont accompli un parcours musical passionnant. Ayant pris pour base le répertoire traditionnel du duo de guitares, celui de Presti-Lagoya comme ils l'appellent, Sérgio et Odair Assad y ont ajouté dans un premier temps les contributions de leurs compatriotes brésiliens Radamés Gnattali, Francisco Mignone, Heitor Villa Lobos, Marlos Nobre, Egberto Gismonti, Wagner Tiso et Hermeto Pascoal. 

Au début des années 1980, Sérgio et Odair Assad se font connaître en Europe. Leur incroyable talent et leur extraordinaire personnalité musicale étonnent et enthousiasment plus d'un auditeur. Parmi ceux-ci, Astor Piazzolla, littéralement subjugué de les entendre jouer chez des amis communs à Paris, en 1983, compose pour eux trois tangos originaux pour deux guitares, la désormais célèbre Tango Suite tombée dans leur boîte à lettres à quelques temps de là. Cette Tango Suite figure aujourd'hui au répertoire de la plupart des duos de guitares du monde entier, elle a fait l'objet de leur premier enregistrement chez Nonesuch en 1985. Depuis, Sérgio et Odair Assad en ont réalisé une nouvelle version parue aussi chez Nonesuch (2001).

Lors de leur exploration des trésors baroques, Sérgio et Odair se partagent en frères les deux mains du clavecin de Rameau, Scarlatti, Bach et Couperin, une expérience fabuleuse qui donne naissance à un nouveau disque (Nonesuch, 1993).

Avec le temps, le duo peaufine cette manière surprenante et néanmoins harmonieuse qu'il a de mêler les époques, les styles, les cultures au sein d'un même programme de concert. Les frères Assad ajoutent ensuite à leur répertoire, outre les pièces écrites pour eux par Nikita Koshkin, Terry Riley, Roland Dyens et bien d'autres, d'audacieuses transcriptions. La Rhapsody in Blue de Gershwin, Scaramouche de Darius Milhaud et la Sonata opus 22 pour piano d'Alberto Gisnatera, pour ne citer que celles-là, laissent le public stupéfait de découvrir une lecture aussi colorée, rythmée et passionnée de pages qu'il croyait pourtant bien connaître.

A partir de 1994, des sollicitations et collaborations variées viennent encore élargir le champ des activités musicales des deux frères : la musique du film japonais Natsu No Niwa, commandée à Sérgio Assad par le réalisateur Shinji Sumai, qu'ils enregistrent pour le label GHA Records, et le concerto pour deux guitares et orchestre à cordes que leur dédie le compositeur brésilien Edino Krieger, présenté en concert aux USA, au Brésil et en Europe, et enregistré avec l’Orquesta de Cordoba également chez GHA Records.

Leur conception personnelle de l’expression musicale a fait de Sérgio et Odair des chefs de file dans l’univers de la guitare et des partenaires très recherchés dans le monde de la musique : au cours des dix dernières années, plusieurs artistes ont souhaité connaître le plaisir de jouer avec eux en concert et en enregistrement , le violoniste Gidon Kremer, la soprano Dawn Upshaw, le violoncelliste Yo-Yo Ma, le violoniste Fernando Suarez Paz et la violoniste Nadja Salerno Sonnenberg pour ne citer que ceux-là, d’autres sont sur la liste d’attente …

L’album Sérgio & Odair Assad play Piazzolla, édité chez Nonesuch, obtient, en 2002, le Grammy du Best Tango Album. Au cours de cette même année 2002, Sérgio et Odair Assad jouent le Concerto duplo du compositeur brésilien Marlos Nobre lors d’une importante tournée réalisée aux USA avec l’Orquestra Sinfonica do Estado de Sao Paulo, ce concerto a fait l’objet d’un enregistrement DVD à paraître chez GHA Records.

En 2003, à l’occasion de leur participation à l’album de Yo-Yo Ma Obrigado Brasil paru chez SONY et couronné d’un Grammy, les frères Assad se produisent en concert avec le célèbre violoncelliste au Concertgebouw d’Amsterdam, au Kölner Philharmonie, au Barbican Hall de Londres, au Carnegie Hall, à Taiwan et dans plusieurs salles japonaises prestigieuses.

L’année 2004 est marquée par la réalisation d’un rêve que Sérgio et Odair nourrissent dans leur cœur depuis longtemps, celui de réunir sur scène les autres talents que compte leur extraordinaire famille : leur sœur, Badi, leurs enfants Clarice, Carolina et Rodrigo, mais aussi leurs parents !  La mandoline de Jorge Assad et la voix d’Angelina Assad font partie de l’univers d’Odair, de Sérgio et de leur sœur Badi depuis leur plus tendre enfance, la magie de la musique s’est naturellement transmise à la génération suivante…

Les trois représentations données à Sao Paulo par la Famille Assad en janvier dernier étaient saluées par un journaliste de la presse écrite comme la « Consécration d’une vie », se référant à l’action déterminante du père et grand-père, Jorge Assad, sur l’avenir professionnel de sa descendance.

Ces concerts constituaient une sorte de prélude à la tournée aux USA du mois d’avril. Conquis de longue date par l’éblouissante personnalité du duo que forment Sérgio et Odair Assad, sept directeurs artistiques n’ont pas hésité un instant à programmer dans leur saison musicale la Famille Assad accueillie à New Paltz, New York, Richmond, Tucson, Los Angeles, Chicago et Stanford, tournée au terme de laquelle Jorge Assad fêtait son 80è anniversaire et chacun retournait chez soi : le grand-père et la grand-mère à Sao Joao da Boa Vista, Badi à Sao Paulo, Carolina à Rio de Janeiro, Sérgio et Rodrigo à Chicago, Odair à Bruxelles et Clarice à New York…

Le public du Casino de Paris et celui du Palais des Beaux Arts de Bruxelles se préparent à vivre, en octobre prochain, l’émotion d’un concert au cours duquel les trois générations « Assad » seront à nouveau réunies et se partageront un siècle de musique brésilienne : Pixinguinha, Cartola, Egberto Gismonti, Jacob do Bandolim, Lenine, Lupiscinio Rodrigues, Rodrigo Assad, Caetano Veloso, Paulo Bellinati, Clarice Assad, Edu Lobo, Gilberto Gil, Tito Madi, Badi Assad, Mario Reis …

http://www.gharecords.com

Petit trajet discographique :

(A découvrir les nouveautés de la famille Assad dans notre page guitare)

S é r g i o   &   O d a i r   A s s a d

 

  • GHA RECORDS (GHA 126.021)

. Tonadilla (Joaquin Rodrigo) . Suite retratos, Valsa & corta jaca (Radamés Gnattali) . Lo que vendra & Escolaso (Astor Piazzolla)

  • NONESUCH RECORDS (7559 791 162)

. Tango Suite (Astor Piazzolla) . Micro piezas (Leo Brouwer) . Anacleto de Medeiros & Chiquinha Gonzaga (Radamés Gnattali) . Recife dos corais, Valseana, Vitoria Regia, Pinote (Sérgio Assad) . Idilio crepuscular (Alberto Ginastera) . Bebê (Hermeto Pascoal)

  • NONESUCH RECORDS (7559 791 792)

. Ciclo nordestino (Marlos Nobre)  . Baiao malandro & frevo (Egberto Gismonti) . A lenda do caboclo, Alma brasileira (Heitor Villa Lobos) . Jobiniana N°1, Baiao & cançao (Sérgio Assad)  . Serie de arco (Hermeto Pascoal) . Chôro de mae (Wagner Tiso)  . Pixinguinha (Radamés Gnattali)

  • NONESUCH RECORDS  (7559 792 922)

 . 10 sonates (Domenico Scarlatti) . Le bavolet flottant , Le carillon de Cythère (François Couperin) . Prélude et fugue n°3 (Johann Sebastian Bach) . Pièces de clavecin (Jean-Philippe Rameau)

  •  EGEA   (SCA 068)

Velho retrato : Sérgio Assad (guitare) Gabriele Mirabassi (clarinette)

  •  GHA RECORDS  (GHA 126.029)

  Farewell : (all compositions by Sérgio Assad)  . Opening  . Summer Garden . Farewell  . The friends  . Unbalanced . Train of Thoughts  . First Encounter . The Old Man  . Walk on a Bridge  . The Morgue . Invitation  . The Well  . Water Frenzy . Watermelon  . Helping Hands  . Rain Storm   . Remembrance  . A Search  . Dreams  . Passage . Farewell  . Butterflies 

  • NONESUCH RECORDS- 79365-2

 . Preludio (Heitor Villa Lobos)  . Suite troileana (Astor Piazzolla) . Sonata N°1 opus 22 (Alberto Ginastera)  . Saga dos migrantes (Sérgio Assad) . Agua e vinho (Egberto Gismonti)

  •  GHA RECORDS   (GHA 126.027) 

with FERNANDO SUAREZ PAZ violin & EDMOND CARLIER cello  .Escualo, fuga y misterio, L'histoire du tango (Astor Piazzolla) .Duo concertant pour guitare & cello (Stepan Lucky) .Sonate pour guitare & cello (Radamés Gnattali)

  •  GHA RECORDS  (GHA 126.018)

 St Gallen Symphony Orchestra JOHN NESCHLING conductor  . Concierto madrigal (Joaquin Rodrigo) . Concerto opus 201 (Mario Castelnuovo Tedesco) 

  • GHA RECORDS  (GHA 126.025) 

Orquesta de Cordoba  LEO BROUWER, conductor Serenade opus 50 (Malcolm Arnold)

  •  SONY RECORDS   (SRCR 2407)

 with IWAO FURUSAWA violin . Cinema Paradiso  . Exilio de gardel . Medley (La dolce vita - La strada - Amarcord)  . Psycho  . Schindler's List  . Kaseki . The Inquirer  . Spellbound  . The Piano  . Farewell   . Medley (The Gold Rush - Limelight) . Bye Bye Brazil   . Maturity . Another Brick in the Wall  . Bagdad Café

  •  NONESUCH RECORDS (7559 79505-2)

 with NADJA SALERNO-SONNENBERG violin  . Andalucia  . The Chase . Fantasay on Dark Eyes   . Tatras . Istanbul  . Gypsy Songs  . Vardar's Boat   . Somogy's Dream . Nuages

  •  GHA RECORDS  (GHA 126.046)

 Orquesta de Cordoba  LEO BROUWER, conductor . Concerto for two guitars (Edino Krieger)

  •  NONESUCH RECORDS 

with Gidon Kremer violin. (Astor Piazzolla)

  •  SONY CLASSICAL

 with Yo-Yo Ma cello . Tango Suite (Astor Piazzolla)

  •  NONESUCH RECORDS (79632-2) 

Sérgio & Odair Assad play Piazzolla (Grammy 2002 Best Tango Album !) with FERNANDO SUAREZ PAZ violinwith MARCELO NISINMAN bandoneon / with NADJA SALERNO-SONNENBERG violin . Tango Suite  . Escualo  . Invierno porteno  . Primavera portena  . Decarissimo . Ausencias  . Suite troileana  . Bordel 1900 . Fracanapa

  •  SONY RECORDS SICC 1

BRAZILIAN BREEZE with IWAO FURUSAWA violin . Todo sentimento (Chico Buarque)   . Aquarela do Brasil (Ary Barroso)  . Insensatez (Tom Jobim)  . Acontece (Cartola)  . Nene (Ernesto Nazareth)  . Rosa (Pixinguinha)   . Uma rosa para Pixinguinha (Radamés Gnattali)  . O ovo (Hermeto Pascoal)  . Cais (Milton Nascimento)  . Tropicalia (Caetano Veloso)  . Frevo (Gilberto Gil)  . O voo da mosca (Jacob Bittencourt)  . Sete aneis (Egberto Gismonti)  . Acalanto (Dorival Caymmi) 
  •  GHA RECORDS  (GHA 126.045)

on "A Very Special Album" : Crônica da casa assassinada (Antonio Carlos Jobim) 

LIVE IN BRUSSELS

(with Fernando Suarez Paz, violin)

Noites cariocas  (Jacob Bittencourt ) El dia que me quieras   (Carlos Gardel) Los Mareados  (Juan Carlos Cobian) Milonga per tre, Escualo, Ausencias, Revirado  (Astor Piazzolla) A fala da paixao, Karate (Egberto Gismonti) Rosa, Marreco quer agua (Pixinguinha) - Medley  (Charlie Chaplin)    

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