Julie

de Philippe Boesmans

Jeudi 12, vendredi 13 novembre 20h30 - Salle Touchard - Théâtre d'Orléans

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(Dossier : Isabelle Françaix  / Photographies : Isabelle Françaix et Bertrand Deshayes* )

 

Sixième version mondiale de l'opéra Julie de Philippe Boesmans, cette nouvelle production de la Scène nationale d'Orléans revisite le livret de Luc Bondy à partir de la pièce d'August Strindberg, Mademoiselle Julie, avec une force poétique décapante, incisive et bouleversante. Le trio Matthew Jocelyn (metteur en scène) / Jean-Paul Dessy (chef) / Philippe Boesmans (compositeur) universalise un drame à l'origine social  (l'impossible rencontre sentimentale d'une jeune fille noble et d'un serviteur, malgré leur étreinte violente et fugitive) en affrontement passionnel de deux êtres humains frustrés, prisonniers de leur condition et de leur histoire personnelle, incapables de s'avouer à eux-mêmes leurs propres sentiments et, a fortiori, de les partager. Julie et Jean se déchirent et pourtant s'épaulent pour risquer leur destin sous les yeux exorbités de Kristin, la servante et fiancée de Jean, qui incarne le respect des normes sociales en les rappelant tous deux (même s'ils tentent de l'amadouer ou de la corrompre) aux imperturbables convenances.

 

Matthew Jocelyn ne craint pas d'évoquer les réalités triviales pour saisir le désarroi des hommes à travers les corps de ses personnages qui boivent, mangent et copulent avec anarchie, soumis à des besoins impérieux et incontrôlables, dérisoires mais incontournables (on entend la chasse d'eau du Comte au plus profond de la tragédie !). Cependant, il reste dans l'évocation, choisissant des images et des scènes suggestives plutôt qu'un réalisme au premier degré. Il rejoint en cela la partition de Philippe Boesmans, douce, enveloppante et saisissante, d'une étrangeté qui évoque l'enfance perdue (ou manquée), l'aporie amoureuse, la perte et le désir de soi et de l'autre... Jean-Paul Dessy dirige l'Ensemble Musiques Nouvelles avec une subtilité extrêmement nuancée, sur le fil du rasoir, en équilibre entre le drame et la rédemption. Chaque musicien a son rôle à jouer, chaque instrument nuance une émotion, chaque note est comptée, décisive, chaque silence ouvre un possible.

 

Ce parcours en images (en répétitions) est un aperçu infime de ce spectacle bouleversant dont les chanteurs sont aussi de vibrants comédiens : Carolina Bruck-Santos (Julie), Alexander Knop (Jean), Agnieszka Slawinska (Kristin).

 

Désespoir, impossible rencontre, inextricable engrenage la nuit de la Saint Jean dans une cuisine dévastée (la mère de Julie, autrefois, a incendié le domaine qui tombe en ruines).

 

 

 

 

 

 

C'est Kristin qui, inexorablement, nettoie, frotte, remet de l'ordre, jusqu'à l'épuisement... jusqu'à chaque réveil.

 

 

 

 

 

 

Défi, parade amoureuse, duo, duel... la danse des amants avant la chute, sous le rectangle de lumière bleue de la cuisine, vers lequel se tournent (et se détournent finalement) désespérément leurs regards le long du spectacle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous l'oeil vigilant de Matthew Jocelyn et son assistant Yves Lenoir

 

 

 

Et, dans la fosse, les musiciens de l'Ensemble Musiques Nouvelles, puissamment concentrés, dirigés par Jean-Paul Dessy...

 

Profitons-en pour décliner la distribution musicale : Antoine Maisonhaute et Chikako Hosoda (violons) / Dominica Eyckmans et Romain Montfort (alti) / Jeanne Maisonhaute (violoncelle) / Etienne Charbonnier (contrebasse) / Berten d'Hollander (flûte, piccolo) / Thierry Cammaert ( hautbois, cor anglais) / Charles Michiels (clarinette, clarinette basse) / Aurélien Utz (basson, contrebasson) / Denis Simandy et  David Fouache (cors) / Luc Sirjacques (trompette) / Adrien Lambinet (trombone) / Alice Pêtre (harpe) / Kim van den Brempt (piano, synthétiseur) / Louison Renault, Pierre Quiriny (percussions).

 

 

 

 

 

    

        

 

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Note:

*Bertrand Deshayes tient à Orléans avec sa compagne Nathalie, en bord de Loire, le restaurant Le Girouet (http://www.legirouet.com) et nous a gentiment confié ses photographies de la pré-générale !

 

Lien vers le site de Musiques Nouvelles : www.musiquesnouvelles.com

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