Johann Sebastian Bach ( 1685-1750)

 Sei Solo a Violino senza Basso accompagnato (Vol.1)

 Sonata n°1 en sol mineur BWV 1001, Partita n°1 en si mineur BWV 1002, Sonata n°2 en la mineur BWV 1003.

 François Fernandez (violon d'Andrea Guarneri, 1690)

 -  Flora 0402  -

 

C'est par miracle qu'en 1814, à Saint-Pétersbourg, fut sauvée du feu auquel on destinait de vieux papiers, une copie datée de 1720 des Sonates et Partitas soigneusement calligraphiée par Bach lui-même et dont on retrouve l'écriture sur la pochette de ce très bel album, premier volume consacré par Flora à ces pièces de référence ! Un de plus, penserez-vous, à leur être dédié... Eliminons une fois pour toutes les remarques de ce genre, inévitables mais fatigantes comme peuvent l'être les réflexions aigries ou blasées. Gardons-nous dès lors de comparer cet enregistrement sensible et lumineux à ses illustres prédécesseurs, si magnifiques par leur diversité qu'ils restent uniques et laissent à d'autres la liberté d'apporter leur vision, pourvu qu'elle soit honnête et investie. Les Sonates et Partitas de Bach représentent sans doute l'un des plus grands défis qui soient pour un violoniste, chacune d'entre elles suggérant la polyphonie à partir d'un instrument seul. Cependant, elles sont loin d'invoquer une dextérité pure et comme chacune des oeuvres du Cantor, elles exigent une maîtrise absolue qui guideront ceux qui l'interprètent comme ceux qui l'écoutent sur les voies de l'âme, tant elles sont pénétrées de sentiments fougueux, de contrastes fervents et sensuels qui traversent aussi bien la chair que l'esprit. Bach les composa entre décembre 1717 et avril 1723, lorsqu'il était au service du Prince Léopold d'Anhalt-Cöthen, empruntant à la force rythmique de la danse sa force expressive, mêlant avec feu la richesse des styles et des timbres. L'archet de François Fernandez en saisit les moindres altérations, effleurant les déchirures avec délicatesse. Sa précision de miniaturiste, attentif et subtil, se combine au toucher d'un peintre impressionniste qui inventerait les subreptices miroitements du soleil, doux fugaces et vifs, sans la moindre emphase. On suit avec lui les virevoltes de la lumière, "les couleurs et les sons se répondent", d'une légèreté fragile et palpitante, au seuil émouvant d'une brisure dont nous préservent la puissance et la ferveur du souffle. Poésie pure, universelle.

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 1er février 2004)

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