bréviaire franciscain - Chambéry - 1425 - © IRHT

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Glossaire

 

 

(Dossier réalisé par Isabelle Françaix)

 

Tous les mots suivis d'une astérisque et qui apparaissent dans notre étude se retrouvent ici, par ordre alphabétique.

 

accord : émission simultanée de 3 sons ou plus, de hauteur différente. (voir harmonie*)

canon : (du grec kanôn, règle) permet à une voix (ou partie) d'introduire une mélodie (ou sujet) reprise après un certain nombre de mesures par une deuxième, puis une troisième, une quatrième voix... et ainsi de suite, note pour note, dans une tonalité identique ou différente. Il systématise l'emploi du contrepoint imitatif qui conduira plus tard à la fugue. Apparaît au XVè siècle.

chant antiphoné : repris par deux choeurs alternés à l'inverse du chant responsorial pourvu d'un soliste et d'un choeur. Les antiphonaires datent d'ailleurs de cette époque, recueils de rites et de chants selon la notation grégorienne.

chant grégorien : l'appellation n'apparaît qu'au VIIIè siècle même si l'idée existe depuis que Grégoire 1er, pape de 590 à 604, a réuni les chants romains et leur a attribué une place précise dans la liturgie conformément aux besoins rituels de l'année religieuse. Le chant grégorien épouse scrupuleusement le texte des écritures saintes, ce qui lui vaut la dénomination de "Bible chantée", "chant ecclésiastique", encore appelé "plain-chant" à l'époque. Ses contours mélodiques sont essentiellement liés au rythme et aux inflexions de la parole, le texte étant évidemment prioritaire. Il règne essentiellement jusqu'au XIIè siècle, sapé par la polyphonie et s'épanouit au IXè siècle grâce aux campagnes de Charlemagne (742-814) qui l'impose à tout l'empire comme élément unificateur.

conduit : chant de procession monodique à l'origine, il devient polyphonique au XIIè siècle et acquiert également un caractère profane qui, d'écriture contrapuntique, bénéficie d'une grande liberté textuelle et mélodique. Il renouvelle paroles et musique et apparaît en vers. Il s'efface pourtant au cours du XIIIè siècle devant le motet*.

contrepoint : procédé d'écriture mélodique -horizontale - plutôt qu'harmonique, il superpose, notre contre note, des lignes mélodiques différentes et entendues simultanément. (voir pour comparaison harmonie*)

contreteneur : quatrième voix ajoutée au motet (qui n'en comportait généralement que trois)  sous l'impulsion de Guillaume de Machaut, au XIVè siècle.

déchant : à partir du XIès, il confère à travers l'organum, à la voix organale une personnalité rythmique qui lui est propre. Indépendante, elle trouve sa propre signification mélodique. Voix organale et voix principale évoluent par mouvements contraires et non parallèlement.

harmonie : technique d'organisation verticale des sons et science des accords*. Elle s'imposera avec la monodie accompagnée de basse continue -et le déclin du contrepoint- à la fin du XVIè siècle.

isorythmie : du grec iso (égal) et rythmos (mouvement cadencé), l'isorythmie construit par fragments rythmiques (talea) un schéma toujours identique, répété régulièrement tout au long de la teneur*. Elle apparaît au XIVè siècle avec l'Ars Nova où elle investit surtout le motet*. La répétition en diminution du talea, lorsqu'elle se produit dans la proportion 3:2:1, provoque un sentiment d'accélération où rythme et forme peuvent se combiner de manière expressive (comme dans les motets de John Dunstable - v1390-1453). Jointe à une absence de tension harmonique, l'animation rythmique de la sonorité peut évoquer la musique minimaliste du XXème siècle bien plus que l'expression de soi de la Renaissance humaniste.

Kopfmotiv :  ou "motif de tête",  fait débuter toute section ou sous section musicale par un même élément mélodique. Apparaît au XVème siècle essentiellement avec Dufay.

mélisme : groupe de notes brèves placé sur une syllabe pour enrichir la mélodie,  plus court qu'une vocalise cependant.

messe unitaire : elle relie les différentes sections de la messe par un élément commun, le cantus firmus chanté par le ténor et qui lui donne son nom. On la différencie des messes cycliques qui réunissent cinq ou six pièces de l'ordinaire* dans un même manuscrit et sont "sine nomine". C' est une grande nouveauté au XVè siècle, sous l'impulsion de John Dunstable et Guillaume Dufay que de considérer les pièces de l'ordinaire* comme un tout, organiquement liées. Les messes grégoriennes n'étaient que des groupements composites et fortuits sans lien thématique ni de tonalité !

mesure : division d'un morceau de musique en unités de temps égales. Auparavant le plain-chant était sine mensura, non mesuré. L'ars nova surtout se passionna de rythmes et de mesures.

motet : qui signifie littéralement "petit mot". Apparaît au XIIIès. Il résulte de l'ajout de paroles ("petits mots") sous les vocalises de l'organum*. La voix organale* se charge donc d'un texte. Le texte soutient l'invention musicale. Le motet fut d'abord une petite pièce polyphonique de caractère religieux qui ne tarda pas à gagner en raffinement et en complexité en devenant profane. A chaque voix (de deux à trois)  seront bientôt donnés des textes et des rythmes différents. Au XIVème siècle, le motet isorythmique (voir isorythmie*) introduit une quatrième voix (la contreteneur*).

neume : signe graphique du IXès placé au-dessus des syllabes à chanter. Placé au-dessus des textes, son apparence sténographique donne des indications sur les directions mélodiques et les motifs. La virga (virgule) par exemple indique que le ton monte. Le punctum (point) indique qu'il descend.

ordinaire : dans une messe, désigne les éléments qui restent identiques toute l'année, à la différence du propre, dont les éléments varient de jour en jour. Le propre comprend dans le chant grégorien l'introït, le graduel, l'alléluia, le psaume, l'offertoire, la communion. Les mélodies fondées sur le chant du propre se font moins nombreuses après 1250.

organum (pl. organa) : pièce musicale de deux à quatre voix, dont la teneur -voix principale- définit l'ossature de l'oeuvre, étant une mélodie de plain-chant tirée d'un texte liturgique écrit en prose, et les autres voix -duplum, triplum, quadriplum- sont les voix de déchant improvisées ou écrites dans un style fleuri ou ornementé. Dans l'organum parallèle, jusqu'au XIIès, les voix ne sont que deux, elles commencent et finissent à l'unisson, la voix principale soutenant entre le début et la fin, note contre note, les vocalises de la voix organale. Mais c'est de cette innovation apparemment toute simple que naît le contrepoint, première harmonisation musicale point contre point, note contre note qui évolue pour atteindre au XIè siècle la forme du déchant*, encore primitive, mais souple et autonome.

plain-chant : dérivé du chant romain ancien et des psaumes judaïque, ce chant simple, sans volonté d'embellissement engendra le chant grégorien. On considère le plain-chant comme le chant liturgique de base, simple et à voix égales, tous les moines chantant à l'unisson (mélodie monodique) et sans accompagnement instrumental. La musique alors n'est pas un art mais le support discret de la prière.

trope : apparaît de la fin du IXè au XIIè siècles, à l'âge de plénitude du chant ecclésial monodique, à l'aube de l'émancipation du chant liturgique. Il s'agit de l'ajout d'un texte (une syllabe pour une note) au chant, dans le but d'en soutenir les vocalises. Par extension, la séquence désigne l'ajout d'une pièce strophique. Tropes et séquences conduiront au drame liturgique chanté durant les offices et considéré comme la cellule originelle du théâtre moderne.

séquence : voir trope.

teneur : Voir voix principale.

trouvère : De l'ancien français "trouveur", inspiré du troubadour ( poète lyrique des XIIè et XIIIè siècles dans les pays d'oc) le trouvère crée la poésie lyrique française, fixe les formes de la ballade, du rondeau et du virelai.

voix organale : voix mélodique chantée ou jouée sur un instrument, elle passe au-dessus de la mélodie principale

voix principale : voix mélodique, base ou teneur ou chant liturgique ou cantus firmus.

 

Introduction de notre dossier, Ars Antiqua, Ars Nova, Polyphonie franco-flamande

Sources

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