MUSIQUE SACRÉE

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Antonio Vivaldi  (1678-1741), Nisi dominus RV608 / Crucifixus, extrait du Credo RV 592 / Stabat Mater RV 621. Marie-Nicole Lemieux (contralto), Philippe Jaroussky (contre-ténor), Ensemble Matheus, dir. Jean-Christophe Spinosi. (Naïve OP 30453)

                Depuis Orlando furioso en 2003, on associe sans hésiter les noms de Marie-Nicole Lemieux, Philippe Jaroussky, Jean-Christophe Spinosi à Vivaldi. "Depuis le temps (...) il fallait bien en passer par là", sourit la contralto québécoise en mentionnant la musique sacrée du prêtre vénitien. Le Stabat mater se prête idéalement à son expressivité théâtrale. Avec une tragique douceur, elle endosse le rôle vibrant de la mère qui pleure la perte de son enfant. Très sensuelle, sa voix est habitée d'une intensité qui motive et nuance chaque note sans retenue. Certains lui reprocheront peut-être une excessive ardeur dramatique, mais l'on retrouve intacte sa générosité débordante et son impatience à communiquer la moindre émotion par le chant. Tremblements, vibratos, sanglots contenus agitent son chant et l'inscrivent dans la chair avant même de prétendre à l'élévation spirituelle. Par contraste, la voix de Philippe Jaroussky accède dans le Nisi dominus à davantage d'épure et de dépouillement. Il est vrai que la musique, plus aérienne, se prête à cette agilité souvent plus limpide malgré quelques acrobaties vocales plutôt périlleuses. Jean-Christophe Spinosi orchestre son ensemble et ses solistes avec l'enthousiasme prodigue qu'on lui connaît et la ferveur qui l'agite impétueusement. On aimera avec transport cette version exaltée du Stabat mater et du Nisi dominus, ou on restera mitigé, malgré la beauté des voix, si l'on préfère la sobriété et se méfie de l'exubérance.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 24 janvier 2008)

 

 

Johann Sebastian Bach  (1685-1750), Magnificat en ré majeur. George Frideric Händel  (1685-1759), Dixit Dominus HWV 232. Natalie Dessay (soprano I), Karine Deshayes (soprano II), Philippe Jaroussky (alto), Toby Spence (ténor), Laurent Naouri (basse), le Concert d'Astrée Orchestre et Choeur, Stéphanie-Marie Degand (violon solo), dir. Emmanuelle Haïm. (Virgin Classics 00946 395241 2 9)

                Pour interpréter le Magnificat de Bach et le Dixit Dominus de Haendel, tous deux écrits sur des textes latins, fait assez rare ou ponctuel pour être consigné chez ces deux compositeurs, Emmanuelle Haïm s'est entourée de solistes de talent avec lesquels elle partage une complicité musicale déjà reconnue. Natalie Dessay, Laurent Naouri, Philippe Jaroussky (lire notre entretien avec le contre-ténor), Toby Spence et Karine Deshayes : des voix puissantes et lumineuses, dotées d'une remarquable virtuosité et chaque fois portées par une claire intelligence de leur rôle. A eux seuls et sans artifices, ils suffisent à éclairer le sens et la profondeur de textes religieux où se mêlent subtilement l'art du contrepoint allemand et l'expressivité italienne. La "griffe" d'Emmanuelle Haïm et du Concert d'Astrée, toujours nette et franche,  privilégie cependant moins l'émotion que le brio des interprètes, leur imposant un rythme très métronomique, alerte mais un peu monotone. Séduits par les caresses et volutes vocales, sensuelles et brillantes, nous restons comme à la surface du chant et des choeurs, charmés sans être vraiment émus.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 19 décembre 2007)

 

Heinrich Schütz (1585-1672), Opus ultimum (Schwanengesang) : Psaume 100, Psaume 109, Deutsches Magnificat, SWV 482-494. Collegium Vocale Gent, Concerto Palatino, dir. Philippe Herreweghe. 2cds (HMC 901895.96) - Lire notre interview de Philippe Herreweghe -

                L'œuvre ultime de Heinrich Schütz a bien failli échapper à la postérité : à la fin de sa vie, solitaire et malade, celui que l'on surnommait le "chantre inspiré", "l'aristocrate de l'esprit" ou "le père de la musique allemande" ne se reconnaissait pas dans l'incorporation de la musique profane aux chants sacrés. Il composa une série de motets à huit voix pour double choeur qui disparut une première fois jusqu'en 1900, quand un pasteur la retrouva dans l'église de Guben... pour qu'elle s'évanouisse jusqu'en 1970 ! Stefan Zweig en retrouva quant à lui le continuo chez un antiquaire, en 1930. Enfin réunis, ces documents ont pu donner à entendre une œuvre grave, très austère et pourtant sereine dans la plus pure tradition de l'art ancien, souvent proche de la tonalité grégorienne. Écrite l'année de ses 86 ans (il mourut à 87 ans), elle semble avoir voulu retranscrire en musique l'intégralité du texte biblique contenue, selon les théologiens, en miniature dans le texte du Psaume 119. L'extrême sobriété de Philippe Herreweghe à la tête du Collegium Vocale de Gand et du Concerto Palatino,  tout en retenue, leur précision toujours aiguë et inspirée, en subliment la noble clarté, le recueillement et la suprême dignité.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 19 octobre 2007)

 

Johann Sebastian Bach (1685-1750), Motetten BWV 225, 226, 227, 228, 229, 230 et BWV Anh.159. The Hilliard Ensemble : Joanne Lunn (soprano), Rebecca Outram (soprano), David James (contre-ténor), David Gould (contre-ténor), Rogers Covey-Crump (ténor, orgue), Steven Harrold (ténor), Robert Macdonald (basse). (ECM 1875 476 5776)

              "Pourquoi l'ouïe est-elle la porte de ce qui n'est pas de ce monde ?" s'interroge Pascal Quignard dans La haine de la musique (Ed. Calmann-Lévy, 1996 - Folio 3008, p127) Les motets pour huit voix de Jean-Sébastien Bach interprétés par l'Ensemble Hilliard participent certainement de cette intuition fulgurante. Les élèves de Saint-Thomas de Leipzig les chantaient pour accompagner les enterrements, célébrant la foi joyeuse en une vie nouvelle, la délivrance et la foi en Jésus-Christ. La légende raconte que la première fois que Mozart les entendit, il frémit de rencontrer enfin une musique dont il pût enfin apprendre quelque chose ! Wagner vit dans Singet dem Hernn ein neues Lied, "une mer d'harmonies ondoyantes", une "musique absolue"... D'une irrésistible allégresse, les motets polyphoniques de Bach élèvent l'âme et laissent entrevoir l'accomplissement de l'infini pour lequel chacun brûle. Ils donnent à entendre une vérité éblouissante, impossible à voir ni à comprendre, mais très intensément perceptible. Lumineux et délicat, l'Ensemble Hilliard chante les prières d'une humanité fervente et humble, espérant l'immensité, au-delà du manque et de la satiété.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 27 avril 2007)

 

Arvo Pärt (*1935), Da Pacem. Christopher Bowers-Broabent (orgue), Estonian Philharmonic Chamber Choir, dir. Paul Hillier. (HMU 807401)

            Traversée des brumes... Prière pour la paix d'Arvo Pärt... Des œuvres sacrées les plus récentes du compositeur estonien à celles qu'il écrivit dans les années 70, Paul Hillier évoque un voyage spirituel et musical mystérieux, nourri de musique ancienne, essentiellement rituel. Il soulève avec perspicacité le paradoxe de ces pièces ancrées dans l'atmosphère des pratiques religieuses et données pourtant dans des salles de concert payantes... Il s'interroge sur le "dessein" d'Arvo Pärt... La beauté tranquille de sa musique chorale a cappella, parfois accompagnée d'orgue, participe peut-être de l'inconscience créatrice du monde, de ce flot silencieux qui nous anime en étirant nos corps vers le ciel. Simplicité, limpidité, spirale envoûtante de lumineux tintinnabulis... on y devine pourtant l'ombre des désirs, l'obscurité des vies multiples, l'énergie silencieuse, le souffle secret des vies errantes. Da Pacem Domine, écrit en 2004, et qui donne son titre à l'album, est un chant d'espérance solennel et serein, une extase mystique de longue intimité avec la lumière. Arvo Pärt s'écoute dans l'abandon, non la résignation ; l'Estonian Philharmonic Chamber Choir dirigé par Paul Hillier restitue avec plénitude l'intensité de ses pièces à l'élan tranquille. Plus que le frémissement, loin de l'exubérance, Pärt semble chercher ce qui ne se dit pas : plus qu'une vérité, un état d'être au monde, de coïncidence vivante et neutre, ni joie, ni tristesse... mais disponibilité.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 19 décembre 2006)

 

Paul McCartney, Ecce cor Meum. Kate Royal (soprano), London Voices, Boys of Magdalen College Choir (Oxford), Boys of King's College Choir (Cambridge), Colm Carey (organ), Mark Law (piccolo trumpet), Academy of St Martin in the Fields, dir. Gavin Greenaway. (EMI 0946 3 70424 2 7) Notre coup de coeur !

                "Regarde en mon coeur", "écoute ce que j'ai à te dire"... ces mots saisirent Paul McCartney alors qu'il assistait à un concert de John Tavener à l'église St Ignace de Loyola à New York, en lisant sous un crucifix le précepte Ecce cor meum. Il venait de composer  la musique d'une pièce chorale pour les jeunes enfants du Magdalen College, que lui avait demandée son président, Anthony Smith, et cherchait alors à en trouver le sujet et le texte. Cette œuvre inattendue, dont la commande fut une surprise pour McCartney autant que cet album l'est pour nous, coule pourtant de source, intense et vibrante, tendue vers la lumière, comme savent toujours l'être ses chansons ! Mais sous un tout autre registre cette fois, bien que l'ex-Beatles revendique une liberté d'écriture privilégiée par son inexpérience et sa fraîcheur dans le domaine de la musique sacrée. Il mit presque huit ans à l'écrire, interrompu par la mort de sa femme, Linda, dont l'ombre claire hante les passages les plus poignants. Ode humble et fervente à la musique, cette pièce enthousiaste et troublante, incarne le processus mystique du compositeur, toujours tendu vers l'espoir. Les chœurs d'enfants soulèvent l'âme dont la soprano Kate Royal sait entretenir les mystères, pure et vivifiante au-delà de la mélancolie qui initie son chant. Sait-on que Paul McCartney ne suivit jamais aucune leçon de composition ni de solfège ? Ce qui, d'après lui, l'a conduit en musique à des "accidents heureux"... que nous pourrions qualifier moins modestement d'impulsions géniales. Ecce cor meum est une "confession spirituelle" bien plus que religieuse, une superbe profession de foi musicale qui fait joyeusement éclater les frontières entre les genres et remplit les cœurs d'émotion, sans préciosité ni sectarisme. Une bouffée de confiance et d'énergie qui ne renie pas la part de l'ombre.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 19 octobre 2006)

 

 

Métamorphoses de la Foi (Mythologie; Mysticisme et métissage dans la Musique Spirituelle de l'ancienne Hespéria sur la route du Nouveau Monde). Montserrat Figueras, La Capella Reial de Catalunya, Hespèrion XXI, dir. Jordi Savall. (Alia Vox AV9849)

                "Tout ce qui mue demeure, et le temps résiste à tout ce qu'il change." Jordi Savall, Bellaterra, 2006. A travers Jordi Savall, la voix lumineuse de Montserrat Figueras, La Capella Reial de Catalunya et Hespèrion XXI, la musique déploie l'espoir d'une entente spirituelle essentielle à l'humanité, dont chacun de ses accents transmet le vécu. Du vieil Empire Romain germanique au Nouveau Monde, cet album en deux volets révèle l'expression de la Foi, intensément présente dans les chants oraculaires de la Sybille, puissamment inspirée dès l'accession de Charles-Quint au trône, chez Josquin des Prés, de Morales ou de Narvaez. La ferveur de Flecha, Cabanilles, de Padilla ou Zestepedes l'exalte dans la seconde moitié du XVIe siècle, lorsqu'elle se transfigure dans le Nouveau Monde. Intuition d'un temps éternel et métamorphique, la musique dévoile les infinis visages de la permanence de l'âme. La Saeta Antigua, d'un anonyme d'Andalousie, interprétée par Montserrat Figueras, Pierre Hamon à la flûte et Marc Clos aux percussions, est un sublime passage entre les volets Mythologie et Mysticisme puis Métissage et Ferveur. Hypnotique, cet album nous ouvre à un langage que l'on sait universel... et devrait nous préserver de l'oublier.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 22 juin 2006)

 

Antonio Vivaldi (1678-1741) : Dixit Dominus RV 807 / Baldassare Galuppi (1706-1785): Laetatus sum, Nisi Dominus, Lauda Jerusalem . Roberta Invernizzi, Lucia Cirillo (soprano I&II), Sara Mingardo (contralto), Paul Agnew, Thomas Cooley (ténor I&II), Sergio Foresti, Georg Zeppenfeld (basse I&II), Körnerscher Sing-Verein Dresden, Dresdner Instrumental-Concert, dir. Peter Kopp.  (Archiv 00289 477 6145)

                Deux premières mondiales pour cet album qui exaltera assurément les inconditionnels de Vivaldi ! Car on découvre encore des œuvres du prêtre roux, malgré les supercheries du copiste Baldan qui tenta d'en attribuer la paternité à l'un de ses grands contemporains : Baldassare Galuppi. En 2005, la musicologue australienne Janice Stockgit authentifia formellement un Dixit Dominus, atterri à Dresde chez Baldan, et qui ne laissait aucun doute sur la griffe vivaldienne "tardive" des alentours de 1732. Cette partition, parmi les compositions non dramatiques de Vivaldi, concilie la fraîcheur lumineuse et la concision solennelle, avec une grâce très sobre parfaitement rendue par la précision des solistes convoqués par Peter Kopp. La gravité frémissante de Sara Mingardo, la puissance rayonnante de Paul Agnew et Thomas Cooley, la légèreté radieuse de Roberta Invernizzi et Lucia Cirillo, la mélancolie prenante de Sergio Foresti et Georg Zeppenfeld et la cohésion des chœurs du Körnerscher Sing-Verein Dresden suivent avec une belle humilité, l'énergie mesurée du Dresdner Instrumental-Concert dirigé par Peter Kopp, sans effet de manche superflu. Rien d'étonnant à ce que le programme se complète par trois psaumes inédits au disque de Galuppi, plus volubile que Vivaldi, plus sombre aussi, d'une densité émotionnelle tout aussi riche quoique moins dépouillée. Le choix du répertoire est passionnant, nous livrant la finesse du baroque tardif de Vivaldi, et le style préclassique plus exubérant et opératique de Galuppi.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 20 juin 2006)

 

Luigi Boccherini (1743-1805) : Quatuor en sol mineur Op.24, n°6 G.194, Stabat Mater G. 532. Sophie Karthäuser (soprano), Les Folies Françoises : Patrick Cohën-Akenine & Leonor de Recondo (violons), Michel Renard (alto), François Poly & Hervé Douchy (violoncelles).  (Ricercar RIC 244)

                Le Stabat Mater de Boccherini est davantage connu pour sa seconde version, en 1801, que pour sa première, achevée en 1781, pour soprano solo et quintette à cordes avec deux violoncelles. Celle-ci, cependant, à l'inverse d'une cantate ou d'un opéra de chambre, insère la voix soliste au coeur de la texture musicale du quintette qu'on pourrait rebaptiser sextuor. Cet enregistrement en souligne la finesse et la "pure naïveté", intimiste et exigeante, telle que la souhaitait Boccherini.  L'ensemble des Folies Françoises s'applique à en saisir l'élégance et le raffinement mesurés, la sobre légèreté, qu'il exprime avec une joliesse discrète. Tout en retenue, un peu trop modérée peut-être, leur vision manque toutefois de brisure et d'émotion, un rien fondue, nette et monotone. Le charmant filet de voix de Sophie Karthäuser, délicate et touchante, n'atteint pas non plus cet élan qui transporte, cette finesse qui soulève... On sent dans ce choix interprétatif le parti-pris, humble et louable, de la réserve et du retrait mais la fragilité est une option dangereuse si elle ne s'accompagne pas de prises de risques soudaines, d'écarts surprenants qui en révèlent les fêlures. Il en va de même pour le Quatuor en sol mineur, dont l'exécution est charmante mais sans éclat. Le désir de maîtrise ici l'emporte sur le sentiment :  il s'éprouve en effet davantage à l'écoute que la ferveur ou l'enthousiasme qui  le motivent.

 

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 26 avril 2006)

 

 

Roland de Lassus (1732-1594) : Psaumes de la pénitence. Collegium Vocale Gent, dir. Philippe Herreweghe. 2 CDs (HMC 901831.32)

                Les Psaumes de la pénitence de Roland de Lassus, quelques quatre cents ans après leur composition, sonnent avec évidence à travers les voix du Collegium Vocale de Gand dont la finesse et le détail d'interprétation, ciselés par Philippe Herreweghe, restituent pleinement la délicatesse des émotions. Et pourtant, il y a belle lurette que la plupart de nos contemporains oublient le carême et préfèrent cueillir, sans plus se soucier de leur lointain catéchisme, les œufs en chocolat que les cloches ont essaimés dans leur jardin ou sur leur balcon... Ce double album est une invitation lumineuse à la méditation, que l'on soit ou non croyant, et qu'importe si les termes de repentir et de pénitence résonnent en notre âme et conscience. L'art polyphonique de Roland de Lassus, sobre et diversifié, humble et inventif, refusait l'épate et les fioritures. Sa musique vibrait au rythme du texte où la parole se déclinait, note par note, au plus près des sensations intimes, du souffle et du sentiment. Environnée de ténèbres, et frissonnante, elle désigne un chemin de vie, un espace étroit où se glisse l'espoir. L'extrême exigence de Philippe Herreweghe nous permet d'en appréhender la moindre nuance : son approche, d'une articulation perfectionniste et chaleureusement habitée, révèle la fièvre du pécheur, la tendresse du repenti, et la sérénité de celui qui s'est réconcilié avec lui-même. Emoi, douceur et joie profonde accentuent notre trouble en désignant nos failles. L'extrême beauté de la vulnérabilité transcende les voix du Collegium Vocale, attentives, pleines et généreuses.

(Isabelle Françaix, Bruxelles, le 31 mars 2006)

 

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