![]() |
The British Music Collection
WILLIAM WALTON (1902-1983) The Centenary Edition |
CD1 : Cello Concerto. Symphony N°.1
CD2 : Scapino. Violin Concerto. Symphony N°.2
CD3 : Façade Suites I & II. Viola Concerto. Hindemith Variations
CD4 : Crown Imperial. Belshazzar's Feast. Coronation Te Deum. Henry V Suite. Orb and Scepter *
Robert Cohen (violoncelle) Tasmin Little (violon) Paul Neubauer (viole) Bryn Terfel (baryton). Bournemouth Symphony Orchestra dir. Andrew Litton et David Hill * (Decca 2002, 470 508-2)
Dates des enregistrements : 1992 (CD4, n° 12, 18) - 1995 (CD 1, 2, 4 n°1à11, 13à17) - 2001 (CD3)
On connaît peu Sir William Turner Walton, bien qu'il fût une des têtes de file musicales de son époque en Grande Bretagne et qu'on le considère aujourd'hui comme l'un des compositeurs britanniques les plus importants après Britten ! S'il ne révolutionna pas la musique, il apparut essentiellement dans les années 30 comme celui qui représenterait l'Angleterre puisque Elgar, son grand précurseur à présent silencieux, l'avait libérée de longues années de provincialisme musical doublé d'un sentiment d'infériorité créative face à l'Europe. Vaughan Williams, son contemporain, représentait davantage le courant "folk song", William Walton réunissait avec confiance et imagination la nostalgie solennelle d'Elgar et l'impétuosité moderne du jazz des années 20. On lui reconnaît deux tendances opposées : les rythmes entraînants et les dissonances aiguës de Stravinsky et Prokofiev comme la pompe cérémonielle d'Elgar. Cet autodidacte néoromantique d'une nature souvent méditative chemina donc en marge des circuits traditionnels, très réceptif aux harmonies rudes et à la rythmique très vivante des courants des années 20. Enfant terrible de la musique anglaise dès 1921, avec la parade musicale Façade, sur des poèmes expérimentaux d'Edith Sitwell qui menait l'avant-garde littéraire londonienne, il perdit de son insolence en vieillissant, retournant à des oeuvres plus conventionnelles, quoique brillantes et inspirées, telles que l'oratorio Belshazzar's Feast en 1931. Le coffret DECCA qui lui est dédié rend compte à travers quelques rééditions savoureuses, de la majeure partie de son itinéraire musical, intégrant également la Suite Henry V, musique du film de Laurence Olivier en 1945, dont il écrivit également les bandes originales de Hamlet (1948) et Richard III (1956). On prend plaisir, entre autres, à écouter le baryton gallois Bryn Terfel dans l'oratorio Belshazzar's Feast, enregistré en 1995. La découverte de l'univers de Walton est judicieusement jalonnée et interprétée avec sensibilité, ainsi que copieusement décrite dans le livret (uniquement rédigé en anglais, malheureusement).
Petit guide biographique et musical qui agrémentera votre écoute :
Né à Oldham (Lancashire) en 1902, William Walton devient choriste à la Christ Church d'Oxford, mais sa réelle formation est plutôt celle d'un autodidacte. Dans les années 20, il est le plus proche ami des écrivains Osbert et Edith Sitwell, dont il bénéficie également du soutien financier. En 1921, il écrit Façade pour récitant et six instruments, sur des poèmes d'Edith Sitwell (les présents CDs ne nous en livrent cependant que la version orchestrale, ainsi que celle de Façade II, composé bien plus tard).
1929 : Son Concerto pour alto, créé par Paul Hindemith en premier soliste, lui apporte la consécration.
1931 : L'oratorio Belshazzar's Feast prolonge la tradition du choral de langue anglaise établi par Haendel et poursuivi par Mendelssohn et Elgar.
1935 : Première Symphonie, dans la plus pure tradition, se référant à Sibelius et Elgar, si l'on excepte le deuxième mouvement malicieux et chromatique.
1939 : Concerto pour violon, commandé et créé par Jascha Heifetz.
1945 : Cette année marque le début de sa collaboration avec le cinéaste Laurence Olivier avec la musique du film Henry V. Il poursuivra l'expérience en 1948 avec Hamlet et en 1956 avec Richard III. Il s'agit là en tout cas de ses bandes originales les plus marquantes.
1951 : William Walton est annobli et devient Sir William Walton. Notons qu'il composa en mai 1937 la Marche du Couronnement de George VI, commandée par la BBC et qu'il écrira en 1953 le Coronation Te Deum pour le Couronnement de la Reine.
1954 : Opéra Troilus et Cressida, peu apprécié en Europe à l'époque.
1956 : Concerto pour violoncelle pour Gregor Piatigorsky.
1960 : Symphonie n°2, moins emphatique et plus expressive que sa première.
________________________________________________________________________
Retour à notre éditorial (sommaire)