COURRIER DES LECTEURS

 

Réaction et Passion : l'opéra lullyste !

Bonjour!

Dans votre article concernant Didon et Enée de Purcell, vous faites référence aux "interminables tragédies lyriques de Lully".
Ce n'est pas avec de tels a priori que l'on va faire avancer les choses!
Comment voulez-vous que le public se penche sur l'œuvre de Lully, lorsqu'on ne cesse de la caricaturer, sans l'avoir écoutée!
Excusez-moi de mon emportement, mais ce dénigrement systématique est parfois pénible à supporter ! J'ai 20 ans et l'opéra lullyste est le seul à m'avoir fait aimer la musique dite "classique"! 

Ne confondez pas Lully avec Glück,
qui, lui, peut paraître interminable!!!


Merci de m'avoir permis de m'exprimer! Ca fait du bien! 

Marie

Notre réponse :

Merci, Marie, de défendre si vivement vos opinions... même si notre allusion à Lully n'est pas tombée entre nos lignes "faute de l'avoir écouté"... Pourquoi ne pousseriez-vous pas votre plaidoyer un cran plus loin en nous parlant, en quelques lignes, des oeuvres de Lully qui vous ont le plus touchée ? Nous serions heureux de les publier dans Ramifications !

Le débat est lancé : Ludovic rend hommage à la théâtralité lullyste :

En lisant votre article sur Didon et Enée de Purcell, j'ai eu la même réaction que Marie, à propos des " interminables tragédies de Lully". Les personnes qui pensent que ces tragédies sont longues et ennuyeuses, sont tout simplement des personnes qui n'ont aucune théâtralité, et je parle en tant que spécialiste de Lully et de Charpentier.


Lorsque vous écoutez Lully, il faut voir, penser, imaginer tous ces dieux qui descendent sur des machines fantastiques, il faut voir des batailles, il faut voir des décors enchantés représentant des ports, des palais, les enfers, des mers déchaînées, des tempêtes, des naufrages, il faut voir des démons et des fantômes apparaître et disparaître en volant... Et lorsque vous serez capable de voir et d'imaginer cela en même temps que vous écoutez Lully, alors sa musique se révèlera géniale, excitante, dynamique et pas du tout ennuyeuse. Car Lully, pense d'abord sa musique pour le mouvement, pour le théâtre. Si vous aimez le cinéma ou le théâtre alors vous aimerez Lully!


Alors, arrêtez de relever tous les mots et de croire ces musicologues qui ont été les premiers à nous remplir la tête de méchantes choses sur Lully, qui sont pour la grande majorité fausses.


Bien sûr la musique de Lully, et en particulier ses tragédies, est belle naturellement, sans les artifices du théâtre : écoutez la passacaille d'Armide ou celle d'Acis et Galatée, la fureur d'Armide, le sommeil d'Atys et bien d'autres airs,  vous comprendrez.... Purcell lui même ne s'y était pas trompé,  comme en témoigne sa superbe passacaille très lullyste de King Arthur, ou comme l'air et le chœur du froid du même semi-opéra ( je ne cite pas tout ce
serait trop long ). On ne dira jamais assez combien Purcell doit à Lully...

Merci

Ludovic

Notre réponse :

Voici de quoi allécher les plus irréductibles ! Merci, Ludovic, d'avoir pris le temps de préciser, d'exposer et de défendre votre passion. Vos arguments dépassent de loin la polémique ou les querelles de clocher : ils incitent à la redécouverte en respirant la sincérité... même si apprécier ou non Lully n'est pas le seul critère du sens de la théâtralité. Ne peut-on préférer l'épure aux ornements sans perdre de sa sagacité ni de son intégrité ?

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