| ELISABETH, la vierge sainte |
" L'ange secourable "
" L'ange saint de l'espoir " *
C'est auprès d'elle que le pécheur Tannhaüser compte racheter la vie de débauche qui l'a soumis à Vénus. Sans le savoir,Elisabeth dresse sa virginité et sa pureté contre la sensualité de la déesse des plaisirs.
Nullement sectaire ni confite de religion, elle est vive et joyeuse, confiante et pieuse. Lorsque, au concours de chant dont elle est la reine, Tannhaüser entonne une ode à l'ivresse des corps et des chairs mêlées, elle prend sa défense contre les chevaliers qui s'offusquent de l'offense publique :
" Qu'importe, moi ? Mais son salut à lui ! / Ah ! pour son âme, hélas ! clémence ! "
Elle offre sa vie à la Vierge Marie pour sauver celui qu'elle aime : grâce à son sacrifice, Tannhaüser est pardonné.
Nous sommes loin de l'amour total, de l'effervescence des corps et des âmes qui uniront Tristan et Isolde. La pureté ici exclut la chair, comme elle l'exclura encore dans l'oeuvre ultime de Wagner, Parsifal.
Tannhaüser l'a confié à Vénus dès le premier acte : "C'est la mort que je cherche / et non pas le plaisir." Mais c'est une femme qui la trouve pour lui.
Chez Wagner, le plus souvent, les héros parlent, désirent, se plaignent, théorisent, disputent... Les femmes rattrapent leurs inconséquences, rachètent leurs erreurs, ouvrent leur esprit, sauvent leur âme, matérialisent les rêves de ces éternels idéalistes impuissants à relever leur destinée.
Elisabeth brille comme une icône, digne et radieuse.
(* Les citations en italiques sont tirées du livret de Tannhaüser)