ISOLDE, la nocturne

 

Dessin : Isabelle Françaix

 

 

"fille d'Irlande,

"fille amoureuse et farouche ! "*

Fille de magicienne aussi, qui lui a transmis le pouvoir des herbes qui guérissent et grâce auxquelles, avant le funeste voyage qui la conduit chez le Roi Marke, elle a guéri Tristan. Celui-ci à présent la conduit à un autre et, même si elle crie sa haine du jeune traître, elle parvient mal à cacher le sentiment brûlant qui déjà la ravage, cet amour qui, elle le pressent, le vouera à la mort :

" Elu pour moi, / perdu pour moi, / noble et saint, / audacieux et lâche ! /Tête vouée à la mort ! / Coeur voué à la mort ! "

Le philtre de mort qu'elle partage avec lui, le laissant croire qu'il s'agit d'un breuvage de réconciliation, échangé au dernier moment à leur insu par Brangaine, la servante et confidente, avec un philtre d'amour, révèle leur passion commune plus qu'il ne la provoque. Il ouvre pour eux "le royaume merveilleux de la nuit " contre "ce monde que le jour éclaire d'un mensonge ". "La bravade de la mort cède au feu de l'amour."

Isolde incarne la nuit, l'éternelle nuit de la passion, impossible à la lumière. Par devers les jalousies et les complots, seule la mort peut réunir les amants qui, dans leur aveuglement, ignoreront à jamais la bonté du Roi Marke qui allait sceller leur amour.

" La lumière

serait-elle la lumière de ma vie,

j'en ris

et ne crains pas de devoir l'éteindre. " (Isolde)

 

(* Les citations en italiques sont tirées du livret de Tristan et Isolde.)

 

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