SENTA, l'ange fidèle

"(...) aimable jeune fille,

"Trésor d'amour, fidèle et noble coeur." (Daland)*

 

Illustration : Isabelle Françaix

Senta, fille de Daland le pêcheur norvégien, délaisse son rouet en attendant le retour de son père parti en mer. Elle rêve au "noir marin", ce Hollandais maudit qui ne peut être sauvé de son errance que par la fidélité d'une femme. Elle chante sa ballade légendaire en contemplant son portrait. Erik la courtise pourtant mais elle espère l'improbable venue du mystérieux marin auquel déjà elle a donné son coeur en secret. Senta attend, imperturbable, déjà fidèle, victime peut-être d'un "charme maléfique ", comme le suggère Erik, à moins qu'elle ne représente l'amoureuse idéale, la promise qui se garde avec exaltation pour l'âme qui lui correspond, sa moitié éternelle...

Son père, dont le bateau vient d'accoster près de celui du Hollandais, séduit par les richesses de celui-ci, lui a déjà vendu sa fille. Qu'importe ces considérations matérielles : elles simplifient l'union de Senta et du Hollandais. Celui-ci ose à peine la reconnaître :

"Mon bon ange, / Est-ce toi ? /(...)Pourrai-je enfin compter sur toi ? "

Car c'est de Senta dont dépend désormais son salut. Elle lui répond avec dévotion :

" Le charme puissant qui m'enflamme, / C'est ton pouvoir, fidélité ! "

Lorsque Le Hollandais en doute en apercevant Erik, il reprend la mer sans l'épouser. La jeune fille éperdue se jette dans l'écume pour le rejoindre. Sa mort gagne la rédemption du maudit. Doit-on y voir une fin positive : leurs fantômes se rejoignent au-dessus du vaisseau... Le bonheur et l'amour triomphent au-delà ; ils restent impossibles ici-bas.

(* Les citations en italiques sont tirées du livret du Vaisseau Fantôme.)

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