La Passion selon Georg Solti

Georg Solti naît dans une famille juive de Budapest le 21 octobre 1912 sous le nom de György Stein. Il commençe à étudier le piano dès sa sixième année, entre à l'Académie Franz Liszt à 13 ans où Ernst von Dohnanyi lui enseigne le piano, Zoltan Kodaly la composition tandis que Bela Bartok lui prodigue ses conseils sans être directement son professeur. Bientôt répétiteur à l'Opéra de Budapest, il y suit une formation lyrique devient l'assistant de Bruno Walter en 1935 et d'Arturo Toscanini en 1936 et 1937 au Festival de Salzbourg.
C'est le 11 mars 1938 qu'il débute comme chef d'orchestre à l'Opéra de Budapest dans Les Noces de Figaro. La montée de l'antisémitisme le pousse à quitter la Hongrie pour la Suisse en 1939 et il vit à Zurich en donnant des leçons de piano.
En 1942, il remporte le Concours International de piano de Genève et enregistra en 1947 son premier disque de pianiste avec Georg Kulenkampff : les Sonates pour violon et piano de Brahms. Il était depuis l'année précédente directeur général de la musique à l'Opéra de Munich où il avait dirigé Fidelio. En 1952, il remplit les mêmes fonctions à Francfort-sur-le-Main et donne ses premiers concerts aux Etats-Unis avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne dès 1953. C'est à cette date que commence sa longue et fidèle collaboration avec Decca. Dès lors, les contrats se multiplient : Festival de Salzbourg, Glyndebourne, Covent Garden, Met...
C'est entre 1958 et 1965 qu'il s'attaque avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne à la première intégrale en studio de la Tétralogie de Wagner, faisant appel aux techniques de pointe les plus nouvelles ainsi qu'aux plus grands interprètes du répertoire !
Parallèlement, de 1961 à 1971, il devient le directeur du Royal Opera House de Covent Garden, y multiplie les concerts et y élargit le répertoire en y imposant des opéras rarement joués de Richard Strauss, Schoenberg, Berg et ... la Tétralogie ! Il assume également de 1969 à 1991 la direction musicale de l'Orchestre Symphonique de Chicago, celle de l'Orchestre de Paris de 1972 à 1975 et entérine la requête de Rolf Liebermann qui sollicite ses conseils musicaux à l'Opéra de Paris.
Il reçoit la citoyenneté britannique en 1972 tandis que la Reine d'Angleterre l'anoblit.
De 1979 à 1983, il est à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Londres et dirige en 1983 La Tétralogie au Festival de Bayreuth pour le centenaire de la mort de Wagner.
Il abandonne ensuite toute fonction permanente pour se consacrer à sa carrière de chef invité. Pourtant, il accepte après la mort de Karajan de devenir le directeur artistique du festival de Pâques à Salzbourg, entre 1990 et 1993.
D'un bout à l'autre de sa vie, sa baguette lui donne des ailes et repousse la vieillesse. Il dirige jusqu'au bout avec la même vitalité, la même exigence redoutable et stimulante, le même feu nourri de sa passion pour la musique et d'un insatiable souci de perfection. De grands orchestres entretiennent avec lui des liens privilégiés : Vienne, Berlin et Chicago surtout tandis que les musiciens français craignent son autorité qu'ils jugent cassante et se souviennent amèrement de ses grands bouleversements dans les pupitres des instruments à vent à l'Orchestre de Paris.
Il meurt brusquement à Antibes le 5 septembre 1997 sans jamais s'être essoufflé.